.. qui n’est que le préalable du coup d’accélérateur qui s’ensuit car dès 1979, ABBA caracole en tête des hit-parades avec pas moins de cinq titres (dont « Voulez Vous », « Chiquitita » et « Gimme, Gimme, Gimme »), obligeant le groupe à multiplier les apparitions. Le calme relatif réclamé par les deux femmes du groupe n’aura donc duré qu’une demi-année. Lancés dans l’humanitaire, les quatre scandinaves deviennent les portes paroles de l’UNICEF à qui ils offrent l’intégralité des droits sur le titre « Chiquitita » et participent à plusieurs galas de soutien.
Toujours orientés mercatique, les membres d’ABBA exportent leurs titres en anglais, suédois, français, espagnol... et multiplient les collaborations avec les artistes en vue du moment. Mais le rythme d’enfer qu’ils vivent comment à lasser les membres du quatuor qui, pour certains, finissent par ne quasiment plus pouvoir se voir en peinture. Si le coupe Ulvaeus / Fältkog avait déjà divorcé, le second binôme se sépare en 1981. En dépit d’un album au succès démesuré (The Visitors) , ABBA n’en a plus pour très longtemps. L’année qui suit la sortie de The Visitors ne connaît que quelques rééditions d’anciens albums ainsi qu’une énième apparition d’un Greatest Hits, mais peu de tournées ou de concerts viennent occuper l’emploi du temps des membres du groupe, que la presse commence à qualifier d’au bord de la séparation.
Un split qui devient effectif fin 1982 après un dernier single sans succès (« Under Attack »), lorsque les chanteurs-musiciens annoncent officiellement la fin d’ABBA afin d’évoluer dans des domaines plus personnels : ainsi, Anni-Frid fricote t’elle avec l’aristocratie, remariée qu’elle est avec un Prince de sang royal, Heinrich Ruzzo Reuss von Plaue, tout en poursuivant une carrière solo (Something’s Going On dès 1982). Björn et Benny, pour leur part, se lancent dans la composition de comédies musicales. À leur actif, on notera notamment Chess, une variation sur la vie de Bobby Fischer, en collaboration avec Murray Head. Agnetha, de son côté, entame une carrière de chanteuse de variété internationale avec un succès mitigé (de Wrap Your Arms Around Me en 1983 à My Colouring Book en 2004). En dépit d’une remontée sur scène en 1986, à l’occasion des cinquante ans de leur manager Stig Anderson, les membres d’ABBA n’envisagent à aucun moment une reformation du groupe.
Le groupe qui valait un milliard
Le « revival ABBA » débute dès la fin des années 1980 et trouve sa source bien loin des fjords scandinaves, mais très loin au Sud, au pays du bush et des kangourous. L’Australie est restée fan du quatuor aux coupes de cheveux indécentes et c’est de là-bas que débute la redécouverte du groupe mythique des années 1970. Björn Again, un groupe de fan, crée la surprise avec un album de reprises d’ABBA qui se hisse au sommet des charts. De même, deux gros succès cinématographiques, Priscilla, folle du désert et Muriel, films australiens exportés dans le monde entier, contribuent au revival de la formation suédoise en 1994. Universal Music, qui dispose désormais du catalogue d’ABBA flaire le bon filon en publiant la compilation ABBA Gold - Greatest Hits qui s’écoule à près de trente millions d’exemplaires dans le monde.
Conscient de l’énorme potentiel commercial que représenterait un événement médiatique comme la reformation du groupe et le lancement d’un nouvel album, la maison de disques ne propose rien de moins qu’un milliard de dollars aux quatre ex-membres d’ABBA pour se reformer le temps d’un disque. Mais ces derniers préfèrent refuser. Deux comédies musicales, Mamma Mia ! en 1999 et Abba Gold (quatuor allemand reprenant les looks et chansons du groupe avec un impressionnant mimétisme) en 2006 retracent le parcours du quatuor et attirent à elles deux près de trente millions de spectateurs à travers le monde jouant à fond les ballons la carte de la nostalgie des années disco.
Tout d’abord concentré autour de la communauté gay internationale, le « revival » s’impose bientôt partout, allant de pair avec la redécouverte d’un patrimoine (très récent vu qu’âgé d’à peine une vingtaine d’années) associé dans l’inconscient collectif à cette décennie insouciante et heureuse que furent les seventies. ABBA comme catharsis collective à la névrose des années 2000 ? Certains ne sont pas loin de le prétendre, entre l’adaptation filmée de Mamma Mia ! sortie à l’été 2008 et un musée consacré au groupe ouvrant ses portes en 2009.
Les dates ... 2008 (10 Septembre) Sortie du film Mamma Mia! 2008 (04 Aout) Succès de la compilation Gold - Greatest Hits |