À seulement 28 ans,
Adam Green a eu le temps d’être l’icône de l’antifolk new-yorkais avec les Moldy
Peaches. Surtout, il a pris le temps d’écrire cinq albums de qualité inégale… et néanmoins indispensables au paysage musical américain. Folk chaleureux, humour dévastateur, sens inné des mélodies : tous les ingrédients sont réunis pour faire d’
Adam Green un artiste incontournable.
Il suffit d’une seule écoute de ce sixième album baptisé
Minor Love pour être certain de son talent – voire de son génie. La production est ici volontairement
lo-fi, chapeautée par
Noah Georgeson, fondateur du groupe The Pleased avec
Joanna Newsom, et heureux producteur de
Devendra Banhart. Quatorze titres pour
Minor Love, quatorze titres chacun indispensable au bon fonctionnement de cette œuvre à la fois sinistre et drôle, relevée par la voix du crooner désabusé qu’est
Adam Green.
Enregistré sur les collines ensablées de Los Angeles, l’album semble tout droit sorti des années soixante-dix.
Adam Green semble plus inspiré que jamais, avec une voix rocailleuse et chaude à la fois qui pourrait presque le faire confondre avec
Lou Reed. La comptine folk de
« Breaking Locks », le rock décadent de
« What Makes Him Act So Bad », le klezmer détourné de
« Lockout » : l’album est riche d’influences aux horizons divers et variés, proposant des cuivres fanfarons comme des guitares à la réverbération facile.
Minor Love s’impose d’ores et déjà comme un des albums les plus réussis de l’année 2010. L’amour est mineur, mais les accords, eux, sont majeurs.
Sophie Rosemont