« I was thinkin’ about Alicia Keys, couldn’t keep from crying / When she was born in Hell’s Kitchen, I was living down the line » -
Bob Dylan (
« Thunder On The Mountain »,
Modern Times).
Alicia Keys, pianisteNée le 25 janvier 1981 dans le district de Harlem à New York, Alicia
J. Augello-Cook grandit dans ce quartier de Manhattan ; elle est la fille unique d’un couple mixte, avec une mère irlando-italienne et un père jamaïcain qui ne tardent pas à se séparer. Son premier fait notoire est de pointer le bout du nez avec quelques copines dans un épisode intitulé
Slumber Party de la fameuse série
The Cosby Show, alors qu’elle n’a que quatre ans. Sans tarder, sa mère l’oriente vers l’apprentissage du piano et l’étude des partitions classiques de Chopin, Beethoven ou Mozart. La petite Alicia compose sa première chanson
« Butterfliz » à quatorze ans, tout en poursuivant ses études à la Professional Performing Arts School dont elle sort diplômée à seize ans. Plutôt que d’intégrer une université,
Alicia Keys préfère suivre une voie musicale, choisissant un nom d’artiste en rapport avec son instrument favori, et enregistrant une maquette qui finit entre les mains du chanteur et producteur
Jermaine Dupri, du label So So Def. Célèbre pour avoir lancé les carrières du trio R’n’B
TLC et de
Usher, le compagnon de
Janet Jackson ne rate pas l’opportunité qui se présente en la personne d’Alicia Keys. En un tournemain, la nouvelle recrue du label Columbia est emmenée en studio pour créer sa propre composition
« Dah Dee Dah (Sexy Things) », destinée à la bande sonore du film
Men In Black (1997). Cependant, la relation avec la maison Columbia tourne court.
Alicia Keys décide alors de suivre le mentor
Clive Davis chez Arista puis le tout nouveau label J Records, filiale du groupe BMG. C’est en ces murs qu’elle compose les titre
« Rock With U » (bande originale du remake de
Shaft, 2000) et
« Rear View Mirror » (extrait du film
Dr. Doolittle, 2001), constituant de bons galops d’essai à son premier album
Songs In A Minor.
Alicia Keys, chanteuseParu en juin 2001, ce premier album démarre en flèche dans les classements, se positionnant à la première place six semaines d’affilée, notamment grâce au succès de
« Fallin’ » (n°1).
Songs In A Minor totalise douze millions d’unités vendues, et
Alicia Keys cumule les récompenses lors des remises de prix l’année suivante avec les Grammy Awards en tant que « Révélation de l’année » et interprète de la « Chanson de l’année ». L’album est alors réédité sous le nom
Remixed & Unplugged in A Minor avec des remixes et des versions de concert. La presse s’empare du phénomène, la comparant aux glorieux aînés des années 70, les
Curtis Mayfield,
Stevie Wonder et
Donny Hathaway (dont elle reprend
« Someday We’ll All Be Free » lors d’une émission en hommage aux victimes des attentats du 21 septembre 2001). Certains vont jusqu’à annoncer la « nouvelle Roberta Flack ».
Alicia rafle tout aux GrammiesConservant la tête froide,
Alicia Keys fait une courte apparition sur l’album
Stripped de
Christina Aguilera (
« Impossible »), tout en consacrant une année à la gestation et la production de son deuxième album,
The Diary of Alicia Keys, qui sort en décembre 2003. Cumulant un succès tant critique que public (meilleure vente annuelle), il révèle de nouvelles facettes d’une artiste complète osant le grand écart entre des arrangements classiques et des boucles hip-hop.
« You Don’t Know My Name » et
« If I Ain’t Got You » se classent plus qu’honorablement dans le Top 5 américain (ce dernier reste même plus d’une année complète dans le classement du Billboard). Sans surprise,
Alicia Keys rafle quatre Grammy Awards 2005 : « Meilleure chanteuse R&B », « Meilleur album R&B » et « Meilleure chanson R&B » pour
« You Don’t Know My Name », et « Meilleur Performance en duo ou groupe » pour son duo
« My Boo » (deuxième n°1) avec
Usher.