Grande voix féminine du Bénin, Angélique Kidjo ne cesse de séduire et de conquérir de nouveaux publics. S'emparant de styles éclectiques et s'entourant de nombreux musiciens internationaux, elle remporte de grands succès avec « Batonga » et « Sénié » (extraits de Logozo en 1991), « Agolo » et « Adouma » (du suivant Aye, 1994). Elle peut aussi bien reprendre Serge Gainsbourq, Gilberto Gil que Jimi Hendrix avec la même aisance et décomplexion. En 2010 sort Oyo, consacré aux chansons de son enfance.
La chanteuse béninoise Angélique Kidjo naît à Ouidah, le 14 juillet 1960, dans un climat familial propice, entre une mère chorégraphe et un père amateur de banjo et de photographie, et l'orchestre monté par ses frères. A 6 ans, elle chante et danse dans la troupe théâtrale et folklorique du Bénin, dirigée par sa mère, et s'imprègne de la richesse des folklores du pays. Puis, au sein du groupe des frères Kidjo, elle goûte au blues et aux musiques afor-américaines.
En 1979, elle enregistre pour la radio béninoise un titre de Miriam Makeba et un album qui sort uniquement en Afrique en 1980, Pretty.
En 1983, elle quitte son pays natal et la notoriété confortable dont elle jouit en Afrique de l'ouest pour s'installer à Paris. Elle joue avec le groupe Alafia, tourne pendant quelque temps avec Pili-Pili, celui du pianiste hollandais Jasper Van't Hof, croisé à Rotterdam, avant de monter son propre groupe, en compagnie de son compagnon, Jean Hébrail.
En 1989 sort Parakou, un premier album suivi de la première partie du concert de Miriam Makeba à l'Olympia. Sur cette lancée, elle chante sur les scènes jazz du Sentier des Halles, du Petit Journal Montparnasse ou du New Morning et remonte sur les planches de l'Olympia pour précéder, cette fois-ci, Nina Simone. Sa renommée internationale croît et elle peut s'entourer, sur son deuxième album Logozo (1991) de Manu Dibango et du saxophoniste Branford Marsalis. Celui-ci contient les titres « Batonga » et « Sénié ».
S'ensuivent Ayé (1994, avec « Agolo » et « Adouma ») et Fifa (1996) où son style évolue vers l'afro-funk avant de se tourner vers le jazz et le rhythm'n'blues sur Oremi (1998) incluant une reprise décomplexée du « Voodoo Child (Slight Return) » de Jimi Hendrix. Certaines de ses compositions font le bonheur des cinéastes, tels « Fifa » dans Ace Ventura, « Malaika » dans Ma saison préférée d'André Téchiné, ou sur les bandes originales des films Street Fighter de Jean-Claude Van Damme ou Journal Intime de Nani Moretti.
Elle s'installe en 1998 à New York, et est nommée ambassadrice de bonne volonté par l'UNICEF en 2002. Black Ivory Soul (2002) est l'occasion de se tourner vers la musique brésilienne (« Refavela » de Gilberto Gil) et de détourner « Ces petits riens » de Serge Gainsbourg, avant de s'influencer de sonorités caribéennes sur Oyaya ! (2004) et de revenir à ses sources africaines avec Djin Djin (2007). En 2010, Oyo est majoritairement consacré aux chansons de son enfance, resttituées avec John Legend, Dianne Reeves et le trompettiste Roy Hargrove.
Ainsi, Angélique Kidjo ne cesse de faire découvrir au monde ses origines musicales tout en puisant dans de nombreuses directions artistiques qu'elle découvre au fil de voyages et de rencontres.
Sophie Lespiaux