Après un premier mini album,
Verses Of Comfort, Assurance & Salvation (2005), sur lequel figurait le très remarqué
« Stay Golden », les trois new-yorkaises reviennent avec
The Bird of Music, disque très attendu par tous les fans d’Au Revoir Simone. Et à juste titre.
Si cet album était un film, il serait à la croisée des chemins entre un long métrage de
David Lynch et un autre de Sofia Coppola. Avec cette electro pop envoûtante, ces entrecroisements de chants oniriques et mystérieux, les trois amies livrent ici un disque joliment abouti. Sans guitares, mais avec trois claviers et une boite à rythmes,
Au Revoir Simone façonne ses chansons dans un seul but : trouver la mélodie pop parfaite à l’aide de cet enchevêtrement de voix et de nappes synthétiques. De
« The Lucky One » à
« Dark Halls », en passant par
« A Violent Yet Flammable World », le trio glamour impressionne par sa faculté à créer une atmosphère vaporeuse...
Certains titres fonctionnent comme un Polaroïd : à peine l’image mentale fixée, elle ressort par les oreilles avec une maladroite et touchante fidélité.
Au Revoir Simone pourra énerver certains, avec son côté
Virgin Suicides chic et branché, mais il serait dommage, pour ces quelques réticents, de ne pas se laisser porter au moins quelques heures par
The Bird of Music. Un disque hors du temps et de l’espace.
Arnaud De Vaubicourt