Peut être l’un des plus beaux albums de musique électronique de la décennie pas loin du « chant des machines » des orfèvres de Detroit
Carl Craig et
Derrick May. Après un premier essai plus que prometteur,
Amber perpétue les caractéristiques d’
Autechre avec une cohérence et une unité remarquables.
A l’image de cette splendide pochette où des montagnes roses et arides se profilent sur un ciel turquoise, le deuxième album du duo exhale une coloration plus « ambient » et méditative avec des nappes omniprésentes. Les paysages musicaux d’
Amber offrent à la fois l’apaisement ultime et une profondeur sans pareille.
Un certain lyrisme se dessine même à travers le très symphonique
« Silverside » qui évoque le
Kraftwerk de
« Autobahn » où les plus dépouillés
« Montreal » et
« Nil ». Cette science de l’entrelacement entre mélopées synthétiques et douces et rythmiques plus pulsées est ici poussée à un niveau plus intense : un son véritablement original et incomparable se met en place. De subtiles influences d’
Aphex Twin surnagent dans l’ambient
« Yulquen », qui n’aurait pas fait tache sur le minimal
Selected Ambient Works Volume 2 dudit Richard D. James, de même que dans le plus alerte
« Slip ».
Placés au milieu,
« Glitch » et
« Piezo », sans se départir des climats paisibles de l’album, sont plus cadencés et frénétiques. Le court et mélodique
« Nine » ressemble presque à une chute d’
Incunabula et tranche un peu par rapport aux pièces plus recherchées comme
« Silverside » et l’odyssée de onze minutes
« Further ».
« Teartear » détonne par son beat crasseux et heurté et ses synthés crissants et clôt
Amber sur une note oppressante et glaçante annonçant les sons plus industriels de
Tri Repetae, le prochain disque dAutechre.
François Bellion