Petite mais précoceTournée en dérision par certains comme « la
Britney Spears du rock »,
Avril Lavigne s’exprime pourtant dans un registre musical assez éloigné de celui de la plupart des chanteuses de sa génération. Née le 27 septembre 1984 à Napanee (Ontario) dans une famille d’origine québécoise, la pimpante jeune canadienne se fait rapidement remarquer par son talent vocal et chante, toute enfant, dans des chorales à l’église. Elle apprend la guitare et montre rapidement de vraies dispositions d’interprète. À 14 ans, elle décroche sa première chance d’approcher la musique sur un plan véritablement professionnel ; la petite (1m57) Avril gagne un concours pour accompagner la chanteuse
Shania Twain durant sa tournée au Canada et faire quelques apparitions sur scène pour chanter en duo avec elle. Enhardie par cette expérience, Avril se produit dans quelques établissements, comme de petites scènes dans des librairies. Elle est découverte par un manager qui lui décroche quelques cachets sur des planches un peu plus dignes d’elle ; puis elle est remarquée par un chanteur de folk, Steve Medd, qui lui fait interpréter quelques morceaux sur son album. A 16 ans,
Avril Lavigne est prise sous contrat par le label américain Arista Records, qui lui fait enregistrer un premier album,
Let Go. La chanteuse participe à l’écriture de la plupart des chansons, bien que le vrai rôle créatif d’une interprète encore très jeune semble avoir été quelque peu exagéré par le marketing. Lancé à l’été 2002, l’album est un succès immédiat en Amérique du Nord et du Sud, en Europe et en Japon : au Canada, les ventes de disques se chiffreront à plus d’un million en moins d’un an. En Grande-Bretagne, elle est la plus jeune artiste solo à avoir jamais atteint la place de n°1 du Hit-parade. Avec les années, les ventes de
Let Go à travers le monde atteignent l’appréciable chiffre de 18 millions d’albums.
Sincérité ? Ou Marketing ?Le style musical énergique et le joli minois d’
Avril Lavigne conquièrent le public ; elle se voit rapidement affublée du surnom d’ « Anti-Britney Spears », son caractère et son répertoire paraissant aux antipodes de l’image saine alors véhiculée par la reine de la pop. Une telle comparaison peut faire sourire avec le recul, face aux déboires personnels de
Britney Spears et de la rébellion plutôt inoffensive d’Avril Lavigne, mais elle résume bien la fulgurance avec laquelle la jeune canadienne s’impose dans le paysage musical ; en pleine mode des lolitas, elle se démarque en occupant le créneau de la jeune emmerdeuse de charme. Artistiquement, Avril se réclame d’
Alanis Morissette et se définit comme à mi-chemin entre le Pop et le Punk-Rock, tandis que la critique préfère lui accoler les qualificatifs de « Post-Grunge » et de « Pop-Rock Alternatif » ; c’est en effet davantage à une version saine et adolescente du garage-rock des années
Nirvana que ressemble la musique d’Avril Lavigne, davantage qu’au répertoire des
Sex Pistols, qu’il lui est arrivé de citer en exemple. Certains défenseurs intégristes du punk à papa ne se privent pas de crier à l’imposture, arguant que cette inspiration relève du pur plan marketing, une rumeur affirmant même qu’
Avril Lavigne ne sait même pas qui est Johnny Rotten. Avril, qui ne se définit pas personnellement comme punk, n’en a que faire, tant le succès de son personnage d’adolescente boudeuse et rockeuse est assuré. Quatre singles sont tirés de l’album,
« Complicated » et
« Sk8er Boi » s’imposant immédiatement comme des standards de la chanteuse.
La nouvelle idole des adosEn 2004,
Under My Skin, le deuxième album de la mini-rockeuse énervée, débute d’emblée à la première place du hit-parade aux Etats-Unis et dans de nombreux pays.
Avril Lavigne s’est cette fois davantage impliquées dans la création de cet album, co-écrit avec la chanteuse-compositrice Chantal Kreviazuk ; c’est du moins la version officielle, car
Chantal Kreviazuk tiendra plus tard des propos quelque peu aigres sur la véritable implication de sa jeune collègue, ainsi que sur sa tendance à piquer les idées d’autrui, avant de se rétracter devant la polémique. Le succès de l’album se prolonge dans la carrière des singles
« Don’t tell me » et
« My Happy Ending », le premier fonctionnant particulièrement bien aux Amériques. Dans le même temps,
Avril Lavigne allie la presse du cœur à l’actualité du rock en fréquentant
Deryck Whibley, guitariste et chanteur du groupe
Sum 41, qu’elle épouse en 2006.