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L'Amour, L'Argent, Le Vent

L'Amour, L'Argent, Le Vent
Barbara Carlotti

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Chronique de L'Amour, L'Argent, Le Vent

Secret bien gardé de la scène contemporaine d’une chanson française empêtrée dans son étiquette « nouvelle », Barbara Carlotti, avec son nom de cantatrice et ses aventures artistiques versatiles (musique de film, danse, collaborations variées, de Michel Delpech à Arnold Turboust) a tout fait pour brouiller les pistes.

Ce troisième album en son nom vient à propos recadrer le sujet vers une expression définitivement personnelle. Avec sa voix pure et mature, ce qui n’empêche en rien une sensualité de bon aloi, Mademoiselle Carlotti a choisi cette année de voyager et de nous faire partager quelques sensations piochées ici et là, du Brésil (« L’Amour, l’argent, le vent ») au Japon (« L’Avenir ») en passant par les Indes chamarrées (« Nuit sans lune »). Mais saupoudrés ça et là, ces épices ne sont là que pour rehausser le goût de chansons organiques vertébrées d’electro digne (« Grande autoroute »), avec toujours ce souci apparent de discrétion.

L’écriture classique des chansons, avec leur quota de dérision, évoque une Barbara 2.0, dont les accents un peu rétro du phrasé et l’ampleur de la voix ravive le fantôme homonyme. On est bien sûr très loin des affèteries R&B des hurleuses de rigueur dans les The Voice et autres robots mixeurs médiatiques, Carlotti a une voix et un phrasé à l’ancienne, un peu « mouillés », qui font merveille à raconter ses comptines souvent perverses (« Ouais ouais ouais ouais ») et complètent cette sensation d’abouti que l’on éprouve à son écoute.

Arrangé avec lyrisme et raffinement, l’album de cette chanteuse à vocabulaire remplit son office, il surprend, caresse, se trempe de nostalgie à l’occasion (le son de guitare des B52’s dans « Quatorze ans »), et ouvre des fenêtres musicales vers des ailleurs rêvés. Seul partage du micro de ce chapitre, « Mon Dieu, mon amour » réunit Carlotti et Philippe Katerine pour une fois sobre et modeste, dans une ambiance réminiscente de Procol Harum apporte sa pierre de taille à un disque d’une élégante originalité.

Jean-Eric Perrin

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