La chanson, écrite à l'issue du concert de Bobino sera intègrée à tous ses récitals. La discographie de Barbara est en grande partie composée d’enregistrements de ses concerts.
Admirative d'un Gainsbourg capable de créer des «albums-concepts», Barbara sait qu'elle est d'une autre trempe. Elle affirme : « je n'ai pas d'imagination », et de fait pratiquement toutes ses chansons sont d'inspiration autobiographique : « Nantes » (la mort de son père), « Mon enfance » (sa jeunesse juive sous l'occupation), « Une petite cantate » (la mort de sa pianiste de l'Ecluse) ou « l'Aigle noir », qui évoque de façon symbolique l'inceste paternel dont elle a été victime. En pleine période yé-yé, jupes courtes et nattes blondes, Barbara ne cède pas à la facilité. Ses chansons forment un monologue intérieur empreint d'une poésie noire, mélancolique, mettant en scène des blessures personnelles auxquelles on peut souvent s'identifier, ou parlant d'amour dans des saynètes à consonance romantique. S'ensuit une relation avec son public qu'on a pu qualifier de psychanalytique, concerts-divan où elle se dévoile dans des moments frisant la catharsis.
Dans les années 1970, après des adieux à la scène qu'elle sera bien incapable de respecter, elle se lance dans des collaborations plus ou moins fructueuses qui la mènent au théâtre avec Madame, de Remo Forlani, où elle interprète le rôle d'une femme régnant seule sur un bordel abandonné d'Afrique, et au cinéma avec Franz, sous la direction de Jacques Brel. Ces aventures débouchent sur des fiascos critiques et financiers, mais ses fans la suivent. Elle collabore également avec des auteurs et arrangeurs de talent, notamment François Wertheimer qui lui écrit en 1973 l'album La Louve, mystérieux et poétique. Mais le succès n'a fait qu'aggraver les fragilités de cette personnalité complexe. Effrayée par l'adoration oppressante de ses fans, tourmentée par les blessures de son enfance, sujette aux insomnies, Barbara tente de se suicider en 1974 en avalant sept tubes de barbituriques. Elle fera de cette mésaventure une chanson, « Mes insomnies ». Sentimentalement, Barbara multiplie les histoires d'amour passionnelles et violentes, avec des hommes de tous âges, ce qu'on retrouve dans une chanson comme « Les amours incestueuses ». Jamais mariée, elle n'aura pas d'enfant.
En 1981, Barbara, qui a chanté dans toutes les grandes salles parisiennes, cherche un endroit original pour son retour sur scène. Ce sera à Pantin, sous un chapiteau qu'elle fait aménager à grands frais spécialement pour l'occasion. Au sommet de sa carrière, elle chante l'automne de cette année pour un public immense, rajeuni, et devant le gratin de la politique et du show-business. Elle interprète « Regarde » une chanson écrite pour François Mitterrand, fraîchement élu président. Le concert de Pantin marque un tournant dans sa carrière : conçu comme un grand show à l'américaine, avec une débauche de moyens techniques, il marque aussi l'orientation vers des arrangements de plus en plus sophistiqués, faisant appel au synthétiseurs. La diva y pousse son perfectionnisme à l'extrême. Les compagnons de la première période regrettent ce qu'ils considèrent comme une caricature de Barbara, mais le public, renouvelé, la suit. Le concert est un triomphe. Un soir, l'artiste étant complètement aphone, c'est le public qui entonne les chansons, accompagné par les musiciens et la chanteuse au piano. À partir de Pantin, la voix de Barbara se fragilise, dérapant dans les aigus, moins assurée, mais donne à ses chansons une émotion encore plus grande qui galvanise son public.
C'est à Pantin que Barbara rencontre Gérard Depardieu, avec qui elle vit peut-être sa principale histoire d'amour. Dans les années 1980, elle s'absorbe longuement avec lui dans la création d'un spectacle, collaborant avec William Sheller et Roland Romanelli. L'œuvre, remaniée un grand nombre de fois, est à l'origine de la rupture avec nombre de vieux compagnons. La première de Lily Passion a finalement lieu au Zénith de Paris le 21 janvier 1986. Le spectacle musical met en scène Barbara quasiment dans son propre rôle et Depardieu dans celui d'un criminel. C'est un succès, qui se poursuit par une tournée internationale qui mène les amoureux jusqu' à New-York. Arrivée à l'âge mûr, Barbara affirme de plus en plus son personnage de diva sophistiquée toute en strass (« ma conception du spectacle, c'est la paillette », déclare-t-elle à Télérama), poussant son maniérisme et sa théâtralité encore plus loin et multipliant les frasques. Mais elle met aussi sa célébrité au service de causes qui lui tiennent à cœur, en particulier la lutte contre le sida dont elle fait un combat personnel. La diva va chanter dans les prisons, distribue des préservatifs lors de ces concerts, travaille avec les associations, notamment Act Up et Sol en Si. Elle qui n'a jamais écrit que sur l'amour et sa propre vie commence à évoquer l'actualité dans des textes engagés, notamment « Sid'amour à mort », « Le soleil noir », « Les enfants de novembre » (sur les manifestations étudiantes de la fin des années 1980).
Les dates ... 2002 (03 Décembre) Sortie de l intégrale Barbara 1997 (24 Novembre) Décès de Barbara |