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Biographie de Bernard Herrmann

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C’est au sein d’une famille de la diaspora juive d’Europe de l’Est installée à New York que Bernard Herrmann voit le jour en 1911. Sa famille étant mélomane, c’est tout naturellement qu’il attrape le virus de la musique dès son plus jeune âge, même si l’instrument traditionnel familial, le violon, ne l’intéresse guère. Si la pratique musicale ne le passionne pas, la composition, en revanche devient sa marotte et son activité favorite, puisant son inspiration chez Berlioz, surtout, mais aussi chez les chefs d’orchestres contemporains comme Edward Elgar, Georges Gershwin ou Wilhem Mengelberg. Cependant, s’il admire des compositeurs classiques comme Stokowski, ceux dont Bernard Herrmann apprécie le plus le travail sont ceux capables de déstructurer leurs partitions pour aboutir à un résultat musical fusionnel, voire expérimental. Parmi ceux-là, on compte de jeunes créateurs non conventionnels, Aaron Copeland et Charles Ives, avec lesquels il se liera d’amitié par la suite.

Les années 1920 sont une période de renouveau pour la musique classique et le milieu juif ashkénaze new-yorkais contribue énormément à l’évolution des conceptions jusqu’alors en vigueur dans la composition symphonique. Bernard Herrmann, inscrit à La DeWitt Clinton High School, puis à la Juilliard School de New York, ne manque pas d’être entraîné dans ce tourbillon créatif dont le désir est de s’affranchir des antiques règles de la composition : il adhère au « groupe des jeunes compositeurs », un cénacle résolument moderniste constitué autour de l’australien Percy Grainger, groupe qui donne naissance, en 1930, au New Chamber Orchestra of New York dont Herrmann devient le premier chef d’orchestre.

Rosebud

La radio s’avère, dans les années 1930, l’une des industries les plus consommatrices de compositions musicales originales. Les programmes de divertissement de l’époque regorgent en effets de feuilletons interprétés par des acteurs en direct à l’antenne et pour lesquels un accompagnement sonore capable de faire subtilement monter la tension (et l’attention) du public est nécessaire. Engagé par CBS en 1934, en tant que compositeur et arrangeur, Bernard Herrmann se lance dans l’habillage sonore des productions de son époque et, tout en oeuvrant en parallèle sur des projets personnels (l’adaptation de Moby Dick sous forme d’opéra, notamment), devient très vite l’un des auteurs les plus prolifiques de la profession. En 1937, il est amené à collaborer avec un jeune feuilletoniste à l’imagination débordante, Orson Welles. Intégrant l’équipe du Mercury Theater On The Air, il participe activement à la composition des morceaux censés appuyer les textes déclamés par les comédiens et, bien évidemment, est de la partie pour contribuer à ce qui reste l’un des plus célèbres canulars de l’histoire de la radio : la fameuse adaptation radiophonique de La Guerre des Mondes, d’H.G Wells qui provoque un petit vent de panique sur New York (panique cependant très relative, et largement inférieure, dans les faits, à la « légende » qui s’est créée autour de ce canular).

Seule vraie victime de cette invasion extraterrestre bidon, Welles (qui a perdu son emploi) propose à Herrmann de le rejoindre à Hollywood pour mettre son talent au service de cette industrie du divertissement massive qu’est le cinéma. En 1939, Bernard Herrmann accepte la proposition de Welles et quitte New York pour la côte californienne et compose rien de moins que la bande sonore du premier chef d’œuvre d’Orson Welles, Citizen Kane, en 1941. C’est à cette occasion que le compositeur adopte une méthode de travail qu’il n’abandonnera pas : ne pas considérer l’habillage musical d’un film comme un tout, mais offrir à chaque scène et à chaque plan un environnement auditif précis correspondant aux nécessités de l’intrigue. La collaboration entre les deux hommes se poursuit jusqu’en 1942, date à laquelle le re-montage du film The Magnificent Andersons, dans lequel une partie de ses compositions passe à l’as, le brouille définitivement avec le réalisateur, d’autant plus qu’Hermann est loin d’avoir un caractère facile et conciliant. Un défaut qui le poursuivra toute sa vie.

Hollywood

S’il croit avoir abandonné définitivement le cinéma pour se consacrer à la conduite d’orchestres classiques, Bernard Herrmann cède à nouveau à ses vieux démons en 1944 pour les besoins de Jane Eyre, une adaptation d’un roman des sœurs Brontë. Cette expérience lui fait à nouveau apprécier le travail de composition de musiques de films et le caractère irascible du musicien convainc producteurs et réalisateurs d’éviter de tripatouiller les scènes dans lesquels ses morceaux sont joués.

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