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par Benjamin D'Alguerre

Véritable enfant de la classe populaire, Bernard Lavilliers, est né Bernard Oulion le 7 octobre 1946 à Saint-Etienne. Enfant fragile (il s’est bien rattrapé ensuite), sa faible constitution oblige ses parents à déménager à la campagne. Puis, quelques années plus tard, c’est entre une cité HLM stéphanoise et une maison de correction qu’il fera ses premières armes, que ce soit guitare ou gant de boxe en main.

D’abord apprenti dans un atelier de tournage de métaux, Bernard Lavilliers, qui rêve alors de cinéma ou de musique, commence à chanter dans les cabarets de Saint-Etienne, se créant une petite réputation locale. Mais, très bientôt, l’appel du large se fait le plus fort et le Stéphanois embarque pour l’Amérique du Sud. Docker, chauffeur routier, puis videur de boîte de nuit à Rio, il découvre l’Amazonie, les vastes espaces du Brésil et la faune urbaine de la mégapole carioca. Cette expérience le marquera profondément et, bien qu’il revienne en France quelques années plus tard après un bref détour par les Caraïbes et l’Amérique du Nord, l’Amérique latine restera partie intégrante de sa personne et de son inspiration. 

De retour en France, Bernard Lavilliers, considéré comme insoumis au service national, connaît pendant une année les joies des bataillons disciplinaires de Metz avant d’être emporté par les événements de Mai 68. Chantant son répertoire – très inspiré par Ferré – devant les ouvriers en grève ou les cabarets, Lavilliers s’affiche alors résolument à gauche, aux côtés du Parti Communiste. Une rencontre heureuse avec Jean-Pierre Hebrard lui permettra de sortir trois Super 45 tours coup sur coup (« Rose-rêve » et « La frime », prix de la Rose d’or de Montreux en février 1967 et « La dernière bouteille » en septembre), puis un premier album éponyme (octobre 1968).

Les années 1970 vont voir Bernard Lavilliers s’attirer les faveurs d’un large public. Très prolifique, le Stéphanois multiplie les tournées, les concerts, et les albums. Fidèle à sa guitare acoustique, il n’hésite pas cependant, à utiliser les instruments électriques sur certaines de ses compositions, oscillant ainsi entre les univers musicaux de Ferré, du rock, et bien sûr, ses sons latino-américains (« Brésil », « La samba »). C’est aussi à cette époque que le « physique » de Bernard Lavilliers commence à contribuer à la célébrité du chanteur. Baraqué, l’homme passe de nombreuses heures en salles de gym  et son look « cuir, boucle d’oreille et jean » devient de plus en plus reconnaissable. Peut-être même plus que son œuvre. Les Poètes, en 1972, Le Stéphanois, en 1975, Les Barbares, en 1976, 15ème Round l’année suivante et Pouvoirs en 1979 sont autant de succès critiques et publics pour Bernard Lavilliers. Déjà père de trois enfants, le chanteur stéphanois bouffe littéralement les planches à chaque concert, comme en témoigne l’enregistrement « T’Es Vivant ? » (1978), et sa voix rauque sur des rythmes mi-rock, mi latino fait merveille : 6000 personnes se pressent à l’Hippodrome de Pantin pour venir l’écouter. Son style surprend un peu car le bonhomme a plus d’une corde à son arc. Passant aussi bien de la rythmique jamaïcaine à la mise en musique des poèmes d’Aragon, Lavilliers évoque la rudesse des rapports humains, l’Amérique du Sud, la Jamaïque, les ghettos urbains des grandes métropoles les femmes et la misère.

Malgré les succès de Ô Gringo (« La salsa », « Kingston » et le hit estival « Stand the ghetto ») et de Nuit d’Amour (« Pigalle la Blanche ») qui le portent au faîte de sa carrière, le début des années 1980 est difficile pour Lavilliers, qui vient de se séparer de sa compagne. Reprenant encore une fois l’avion pour l’Eldorado sud-américain, il joue quelques temps au sein d’une formation brésilienne avant de faire une rencontre qui le remettra d’aplomb pour les années à venir, celle de Melle Li, une artiste chorégraphe qu’il épouse en 1984. La même année, il signe la bande originale du film Rue Barbare.

Reprenant le chemin des studios, Lavilliers sort l’album Tout est Permis, Rien n’est Possible et se voit proposer la direction artistique du Casino de Paris. Mais bientôt, l’esprit de la bourlingue se rappelle à son souvenir et Bernard cède à ses vieux démons de la bougeotte. Amérique du Sud, bien sûr, mais aussi Afrique et Asie d’où l’artiste ramène de nouvelles sonorités. En 1986, l’album If contenant le standard « On The Road Again » fait un carton et Lavilliers s’impose comme l’un des poids lourds de la chanson française de son temps.

Les dates ...

2004 (Octobre)
Sortie Carnets de Bord
2002 (Novembre)
Récompense du Grand Prix de la Chanson française
2001 (20 Décembre)
Concert de Bernard Lavilliers
1994 (Avril)
Sortie de l'album Champs du Possible
1992 (Septembre)
Concert à la Fête de l'Humanité

Vidéo

Melody Tempo Harmony
Bernard Lavilliers

En Concert

Le 07/08/2010
à Hauterives

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