En 2008, cet album à la douceur pop folk a été salué par une presse sans doute toute disposée à trouver un peu de fraîcheur et de charme au milieu des nombreuses nouvelles pousses de la chanson française. En effet, de charme la brunette n'en manque pas ; quant à la fraîcheur on la trouve dans sa plume élégante et ses compositions réjouissantes (
« Chéri » ou
« Enfant de salaud » qui reprend le jeu de mot qu’ affectionnait
Georges Brassens dans
« Le temps ne fait rien à l’affaire »).
Oui, cet album mérite que l’on s’y attarde. Le charme rétro de sa pochette n’est pas choisi au hasard. Si la photo de Berry porte dans les coins des marques d’usure, comme sur un vieux vinyle, c’est parce que ces textes sont intemporels. Il y a du
Keren Ann et du Rose dans cette interprète pas si frivole qu’elle en a l’air.
Car la chanteuse ne fait pas que dans la légèreté, sinon, pourquoi aurait-elle été rejointe sur scène par
Benjamin Biolay ou
Daniel Darc, auteurs de grand talent, lors d’un récent concert à la Cigale ? Et l’on passe doucement du Terry-Gilliamesque
« Las Vegas » (parano), aux chœurs en lingala du Congolais Youss Banda, qui donnent une dimension étonnante à la chanson
« Demain », pour se laisser finalement bercer par de sublimes
« Heures bleues ». Si
Mademoiselle fait partie de la sélection coup de cœur de l’Académie Charles-Cros, c’est simplement parce qu’il contient de quoi régaler toutes les envies.
Anne Yven