Björk Gudmundsdottir est née à Reykjavik en Islande, le 21 novembre 1965. Son père est guitariste, sa mère médecin chiropracteur. Ils divorcent un an après la naissance de leur fille et c’est avec sa mère que Björk part s’installer dans une communauté hippie, réunissant des artistes et des musiciens. Les premières années de la future star sont assez folkloriques mais très enrichissantes sur le plan musical.
Dès six ans, Björk apprend le solfège, la flûte et le piano dans une école de musique classique. A sept ans elle enregistre mine de rien toutes les mélodies qui se glissent au creux de son oreille : Simon & Garfunkel ou
Jimi Hendrix avec sa mère,
Chet Baker,
Ella Fitzgerald,
Louis Armstrong avec ses grands-parents, folk, opéra, classique, ici et là. Björk prend tout ce qu’on lui offre mais prend vite du recul vis-à-vis de cet univers hippie, trop ancré dans le rêve. Selon elle, l’important est d’agir.
Punk in IcelandC’est donc à onze ans, repérée par un directeur artistique suite à des essais en radio, qu’elle enregistre son tout premier album intitulé Björk. Ses interprétations de comptines islandaises, ses reprises (dans sa langue natale) de chansons des Beatles et de
Stevie Wonder font déjà un carton sur son île. Premier disque d’or, la voie est ouverte pour un second disque mais Björk refuse. A quoi bon accepter un succès si simple ? Pendant quelques années, les collaborations avec différents groupes se succèdent. En 1977, elle intègre le groupe punk Spit and
Snot qu’elle abandonnera rapidement pour former Exodus, avec deux de ses amis. Destin éphémère pour cette formation aux influences pop et new wave : Björk monte en 1980 Tappi Tirikass avec lequel elle participe à
Rokk I Reykjavik, émission télé grâce à laquelle elle découvrira d’autres groupes islandais se rapprochant de ses aspirations musicales.
KuklKukl voit le jour en 1983, suite à ce hasard de rencontres. Mélange de punk, jazz, rock et rythmes tribaux, le groupe tente sa chance en Angleterre, dans de petites salles. Il enregistre également un concert à Paris, publié sous le titre
Kukl in Paris. C’est avec cette formation que le succès commence à se dessiner pour Björk. L’année 1986 est faste pour la jeune femme : de son mariage avec le guitariste
Thor Eldon naît son fils Sindri. C’est aussi l’année de création des
Sugarcubes, pendant pop de Kukl. Le premier single du groupe,
«Einn Mol’a Mann» connaît un certain succès et s’exporte même en Angleterre, où il est élu «single de la semaine» par le Melody Maker.
SugarcubesEssai transformé en 1987 avec un autre single,
«Birthday», édité en Angleterre sous le tout nouveau label de Drek Birkett : One little Indian. Les
Sugarcubes sont adoptés partout et se paient le luxe suprême de décliner un contrat offert par Warner. Simple question de liberté artistique. Porté par cet esprit, le groupe séduit et s’impose au fil de plusieurs tournées en Europe et aux Etats-Unis, jusqu’en 90. Puis le rythme se calme. Björk effectue quelques collaborations avec le groupe Magnus et travaille sur un recueil de chansons jazz. Elle l’enregistre avec un trio (batterie, contrebasse, guitare) : ce sera
Gling-glo, sorti en octobre 1990.
TechnoL’intérêt pour la musique techno la gagne ensuite, de plus en plus vivement. L’idée de poursuivre sa carrière en solo fait son chemin. La séparation des
Sugarcubes a lieu en 1992, par un commun accord, alors que Björk vient de rencontrer
Nellee Hooper (producteur de
Soul II Soul et Massive Attack). L’entente est telle qu’ils décident de travailler à la réalisation d’un album solo.
Debut apparaît donc dans les bacs en juillet 1993. Les deux premiers singles,
«Venus as a Boy» et
«Human Behaviour» rencontrent un réel succès. L’album s’écoule à 2 millions d’exemplaires dans le monde entier, les remixeurs et DJ s’intéressent au projet et s’en donnent à cœur joie, en remixs audacieux.
L’aventure solo se poursuit en 1995 avec
Post (
«Army of Me»,
«Isobel»,
«Possibly Maybe»,
«I Miss You»), nourri de drum 'n' bass et de jungle, repérées par Björk lors de ses incursions dans les clubs londonniens. Avec plus de 3 millions d’exemplaires vendus en quelques mois, le succès se confirme. L’année 96 est en revanche plus difficile, marquée par le colis piégé adressé à Björk par un fan. La bombe à acide sulfurique contenue dans le paquet est désamorcée par la police londonienne mais l’impact est brutal pour Björk, qui apprendra quelques temps après le suicide du fan, filmé en vidéo sur fond de
«I Miss You»…
PalmeL’artiste pense un moment arrêter sa carrière, puis offre finalement au public
Homogenic, considéré par certains comme son album le plus abouti.