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par Christian Larrède

C’est une histoire d’immédiate post-adolescence et d’amitié : le guitariste Frank Anthony « Tony » Iommi, le bassiste Terence « Geezer » Butler, le chanteur John « Ozzy » Osbourne et le batteur William « Bill » Ward ont vingt ans et aiment tous les surnoms et le rock. Ce qui, on en conviendra, vaut mieux lorsqu’on habite Aston, petit bourg proche de Birmingham (Royaume-Uni), à la fin des années 60. Tony Iommi, ancien ouvrier métallurgiste dont trois doigts de la main droite furent entamés par une presse (il concevra des prothèses pour pallier ce handicap, très impressionné par le parcours de Django Reinhardt, virtuose lui aussi mutilé), sera à la fois le seul élément constant dans l’histoire du groupe, le responsable d’un son lourd, lent et menaçant, éminemment caractéristique. Contraint de diminuer la tension des cordes de sa Gibson pour épargner ses phalanges meurtries, il crée par là-même un climat sonore totalement inédit.

C’est donc sous le nom de Polka Tulk Blues Company, puis de Earth, que les quatre copains jouent leur rock-blues aux quatre coins de l’Europe (Tony Iommi leur fait quelques infidélités, se produisant une poignée de mois avec Jethro Tull) et finissent par s’apercevoir qu’un autre groupe porte le même nom. Un livre du très populaire Dennis Wheatley (romancier britannique spécialisé dans les thrillers et autres romans de gare, l’un des plus forts tirages des années cinquante et soixante à Londres) dévoré par le bassiste, et dont le titre est validé par le reste du groupe, leur offre une nouvelle identité : Black Sabbath est né. Un « sabbat noir » nourri de l’imaginaire des films d’horreur de Mario Bava, des prestations de William Henry Pratt (acteur mieux connu sous le nom de Boris Karloff) et de cette contre-culture kitsch qui alimentera plus tard l’univers gothique, et une inspiration sinistre, apte à liquider la béatitude hippie des années 60…ainsi qu’une orientation musicale, voulue par Ozzy Osbourne, qui estime que, si des spectateurs sont prêts à dépenser de l’argent au cinéma pour être effrayé, il peut en être de même en concert…

Prélude

Comment s’effectue dès cette époque la répartition des tâches au sein du groupe ? C’est naturellement Tony Iommi qui assume l’énorme majorité des musiques, usant et abusant du tritone (ou intervalle du diable), intervalle de trois tons, comparable à la quarte augmentée dans l’usage qui en est fait en matière de dissonance dans la musique occidentale. Ozzy Osbourne se consacre plus particulièrement aux lignes mélodiques du chant et des harmonies vocales. Quant à Geezer Butler, il prend en charge les paroles des chansons.

Acte I

Ce sont leurs multiples concerts qui attirent l’attention de différents labels sur eux et provoquent la signature chez Philips en 1969. Au mois de janvier de l’année suivante, le groupe édite son premier 45-tours (« Evil Woman (Don’t Play Your Game With Me) »), une reprise du groupe de Minneapolis Crow, enregistrée en deux jours de studio. C’est en février que sort le premier album – homonyme – du groupe, succès instantané dans le Top 10 et qui parviendra, dès que les problèmes de licence seront réglés, à séjourner plus d’une année dans les classements américains, pour des ventes dépassant le million d’exemplaires. Le label surligne le trait du satanisme en laissant figurer une croix inversée à l’intérieur de la pochette.

Dès ces prémices, Black Sabbath est éreinté par la critique (beaucoup de bruit pour rien), qui ne décèle dans le groupe qu’un appauvrissement fruste et radical de la pop music. Lester Bangs agonit le disque d’injures dans Rolling Stone, fustigeant le manque d’unité de l’ensemble. Ce déficit d’image poursuivra les Anglais (pourtant constant dans leur inspiration et leurs choix esthétiques) tout au long de leur carrière, en parallèle à un parcours triomphal dans le cœur du public.
Au mois de septembre 1970, le second album (Paranoid,qui devait initialement s’intituler War Pigs, mais a été rebaptisé, conflit du Viêt-Nam oblige) est un nouveau succès, à commencer par la chanson-titre, composée sur un coin de table et visant simplement à compléter une durée insuffisante de l’ensemble. Le single (accessoirement la chanson la plus célèbre de Black Sabbath et initialement refusée car par trop commerciale), atteint le Top 5, alors qu’aux États-Unis, le disque se vend à quatre millions de copies.

Master of Reality (août 1971, avec une présence importante d’instrumentation acoustique, et un solo de flûte de Tony Iommi) et Black Sabbath, Vol.

Les dates ...

2010 (16 Mai)
Décès de Ronnie James Dio
2006 (Mars)
Entrée au Rock and Roll Hall of Fame américain
2006
Formation de Heaven & Hell
2005 (Novembre)
Entrée au Rock and Roll Hall of Fame britannique
2000
Sortie de Nativity in Black II

Vidéo

Iron Man
Black Sabbath