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Biographie de Black Uhuru

Fondé au milieu des années 70 par le chanteur Derrick « Duckie » Simpson, Black Uhuru – « Uhuru » signifiant « liberté » en swahili – est bien un groupe militant. De la cause rasta bien sûr, mais plus largement d’un mouvement d’émancipation de la jeunesse noire opprimée partout dans le monde. Ce trio vocal comprend à l’origine Ervin « Don Carlos » Spencer et Rudolph « Garth » Dennis, mais Don Carlos opte rapidement pour une carrière solo, tandis que Garth Dennis rejoint les Wailing Souls.

Riddim Twins

La rencontre avec la voix fabuleuse et la personnalité affirmée de « rude boy » de Michael Rose est déterminante pour l’essor du groupe ; mais que seraient devenus ces deux lions solitaires sans la frêle et belle Sandra « Puma » Jones, son charisme sexy et sa voix cristalline ? C’est la complémentarité de ces trois personnalités et de leurs voix qui donne à Black Uhuru son impact exceptionnel et en fait le groupe-phare de la « new wave » du reggae au début des années 80. Malgré cette force ils auraient pu n’être qu’un trio vocal de plus à cachetonner pour les producteurs véreux de Kingston… Mais les « Riddim Twins » veillaient, les fameux « jumeaux du rythme » : la section basse/batterie la plus talentueuse et complémentaire de Jamaïque, formée par Lowell Dunbar, dit « Sly Drumbar » et Robert Shakespeare, ou « Robbie Basspeare ». Tous deux viennent de jouer pour Peter Tosh au sein du groupe Word, Sound and Power ; ils produisent également des artistes aussi variés que Gregory IsaacsDennis Brown ou Sheila Hylton pour leur label Taxi Productions.

La force de l’alchimie qui se crée entre les chanteurs et la section rythmique vaut très vite au groupe de signer un contrat sur la Rolls des labels de l’époque : Island, la maison de disque qui a permis à Bob Marley de conquérir le monde. Les « Riddim Twins » savent s’entourer et c’est la crème des musiciens de l’île qui débarque pour l’enregistrement du goûteux Sinsemilla (1980), premier des six albums qu’ils enregistrent pour Island. La pochette très tribale avec les trois « gueules » de Duckie, Michael et Puma ne manque pas d’interpeller : le groupe y grave ses premiers classiques/manifestes que sont « Whole World is Africa » ou la chanson-titre « Sinsemilla ».

Reggae rouge

En mai 1981 la planète reggae est endeuillée par le décès de Bob Marley : qui pour reprendre la couronne ? Les prétendants ne manquent pas, mais la surprise vient d’un album aussi inattendu que puissant. Red : écrit en petit sur un fond rouge sang avec Black Uhuru en caractères gras et surtout les dégaines et les looks méchants, agressifs, veste de cuir, casquette, bandeau, blouson en jean, pas l’iconographie « cool » du rasta habituel. Et Puma au milieu de Michael et Duckie qui aguiche, qui invite à une fête dont on n’est pas sûr de ressortir indemne. Avec RedBlack Uhuru viennent d’inventer le reggae « rock », un reggae qui parle autant aux punks qu’aux « babas » : un reggae résolument moderne avec la pulsation infernale de cette basse/batterie, la gratte de Mickey ChungSticky Thompson aux percussions et les synthés en folie de Wally Badarou.

Au-delà du look et de la virtuosité des musiciens, c’est bien la qualité et le message des compositions qui en font un classique immédiat : de « Sponji Reggae » à « Youth of Eglington », ils viennent d’inventer le reggae moderne, leur style se prolongeant jusqu’au dancehall des années 2000. La tournée mondiale qui suit est épique, car de Londres à Miami, ils attirent tous les gamins noirs du monde que le ghetto a rendu violents, tous les paumés qui ne retiennent de leur message que la fumette et les armes.

Dynamisés par ce succès critique et commercial, Black Uhuru font de 1982 leur année. Tout d’abord avec la sortie de Chill Out leur troisième opus chez Island et le quatrième de leur carrière (le premier, Love Crisis, étant resté confidentiel), un album qui va plus loin que Red dans la fusion du reggae avec le rock, la soul, l’électronique : un album qui fonde le son des années 80 qui va ensuite profiter à Grace JonesMarianne Faithfull et autres Joe Cocker.

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Les dates ...

2001
Retour de Sly & Robbie
1990 (28 Janvier)
Décès de Puma Jones

Vidéo

Black Uhuru - clip vidéo Puff She Puff

Puff She Puff
Black Uhuru