Les membres de
Blur ont tous été baignés dans la musique depuis leur plus tendre enfance :
Graham Coxon commence son apprentissage à l’âge de 6 ans avec la batterie et le saxophone, puis avec la guitare ;
Alex James débute très tôt le piano et le violon, tout comme
Damon Albarn, le fils d’un ex-manager de
Soft Machine, lauréat à 15 ans du concours « jeune compositeur de l’année ».
La formation fut à l’initiative de
Damon Albarn : après avoir tenté une école d’art dramatique puis d’art plastique, il décide de travailler le jour pour composer en studio la nuit. Aidé par un coup de pouce déclencheur de son grand-père, qui lui avance 3000 livres pour enregistrer sa première démo, il fait appel à
Graham Coxon, un camarade d’école depuis l’âge de 15 ans. Dès lors tout s’enchaîne :
Graham Coxon, étudiant en français à l’université de Goldsmith à Londres demande à son meilleur ami de fac,
Alex James, de les rejoindre. Un peu plus tard, le trio, complété par
Dave Rowntree, une connaissance d’Alex James, répètera dès 1988 un premier titre :
« She’s so high ». Le groupe se nommera Seymour jusqu’à ce que Food Records, leur premier label, leur demande de changer de nom.
Blur (« flou » en français) naîtra donc lors de la sortie single de
« She’s so high » en Octobre 1990.
Suivra début 1991 leur premier album,
Leisure, dont le single
«There's no other way» atteindra la huitième place des charts UK. Mais les clins d’œil à
Syd Barrett de
Leisure ne suffisent pas à différencier le groupe dans le bruit ambiant, alors à la tonalité très « Madchester ». Un temps nouvelle attraction des nuits londoniennes,
Blur est vite laissé de coté pour de nouvelles icônes telles que
Suede.
Plutôt mal partis,
Damon Albarn et
Graham Coxon vont alors se ressourcer en réécoutant de vielles influences telles que les Kinks. Et en 1993 sortira un deuxième exercice :
Modern life is rubbish, dont le single
« Popscene » marque l’émergence de la Britpop. Mais il faudra attendre 1994 et le single
« Boys and girls », tube immense entre new wave à la
XTC et beats discos, pour que
Blur soit enfin révélé. L’album qui suit,
Parklife, enfonce le clou et reçoit quatre Brit Awards : meilleur album, meilleur clip, meilleur single et meilleur groupe anglais, un record.
Cette fulgurante ascension ne sera pas du goût du groupe
Oasis, qui jusqu’alors, tient le haut du pavé de la Britpop. Au moment où le cinquième album de
Blur, intitulé
The Great Escape, sort en 1995, une guerre sans relâche éclate entre les deux groupes, magnifiquement « orchestrée » par la presse britannique et même internationale, de déclarations sulfureuses en insultes publiques.
Blur, encore novice et immature sur ce terrain, en ressortira fragilisé, à la limite de la séparation. Au final, cette bataille n’a en rien favorisé le succès d’un des groupes, les fans s’y mêlant également. Il en résultera pour le groupe un silence de deux ans.
L’album qui s’en suivra n’en sera d'ailleurs que meilleur, en 1997 sort leur cinquième album :
Blur. Moins pop, plus rock, il touchera toutes les cibles tout en prenant un chemin radicalement alternatif. Cet album permettra au groupe de se faire connaître outre atlantique et de s’engager dans une tournée mondiale. 1999 signera un nouveau tournant, puisque leur producteur
Stephen Street sera remplacé par
William Orbit. Coïncidence ou réalité, le groupe connaîtra lui aussi un renouveau musical beaucoup plus libéré. Après 10 ans d’existence, ce sixième album,
13, envoûtera les fans avec des influences plus surprenantes les unes que les autres : gospel, kraut rock, lo-fi, …
Dès lors,
Blur décide de ne plus se lancer dans d’interminables tournées mondiales, d’autant que chacun des membres s’investit dans divers projets :
Graham Coxon se lance dans une carrière parallèle solo après avoir longtemps rêvé de chanter ;
Damon Albarn participe à la naissance du groupe virtuel
Gorillaz en tant que chanteur ;
Alex James joue dans le groupe Fat Les et Dave
Dave Rowntree se consacre à l‘animation sur ordinateur, délaissant
Blur quelque temps malgré la sortie d’un
Best of en 2000.