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Blur 21

Blur 21
Blur

EMI
Album compilation
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Chronique de Blur 21

Vingt et un ans pile poil après la parution de son premier album devenu culte, Leisure, Blur se fend d’un cadeau certes onéreux mais indispensable, aussi bien pour les fans que pour ceux qui souhaiteraient une plongée accélérée dans l’univers bigarré du groupe londonien.

Personne ne sera déçu. L’indie rock embrouillé de Leisure (1991), la pop en devenir de Modern Life Is Rubbish (1993), la brit pop assumée de Parklife (1994), les confessions intimes et cadencées de The Great Escape (1995), le punk sous injection pop de Blur (1997), l’expérimental déconcertant de 13 (1999) et la world-pop de Think Tank (2003) : les sept albums studio du groupe répondent tous présents à l’appel, rappelant l’éclectisme des influences de Blur. Si les cinq premiers opus ont bénéficié d’un remastering à Abbey Road par Frank Arkwright, complice de longue date du groupe, l’ensemble du coffret a été réalisé sous la surveillance rapprochée de Graham Coxon et du producteur fétiche de BlurStephen Street.  

Voilà pour la partie coffret, qui se transforme en cabinet de curiosités avec quatre disques supplémentaires de raretés, classés chronologiquement dont pas moins de 65 titres inédits... Parmi eux, le « Sing » (re)découvert dans la bande originale de Trainspotting, des démos de titres cultes tels « Beetlegum » ou des grandes inconnues immédiatement appropriables comme « Saturday Morning » - sans oublier des remixes toujours bienvenus. On appréciera également la présence du dernier morceau publié par Blur (en vinyle uniquement lors du Disquaire Day de 2010) : « Fool’s Day ».  

S’y rajoutent trois DVD, fort des concerts Live At Alexandra Palace 1994 (la consécration britpop) et l’inoubliable Live At Wembley 1999 – tous deux témoignant de la verve énergique de Damon Albarn et de l’alchimie qui pouvait jadis régner entre les membres de Blur. Le temps a passé. Aujourd’hui, Graham Coxon et Damon Albarn mènent chacun une carrière épanouissante, chacun à leur propre manière antinomique... qui n’est pas sans rappeler que leurs divergences constituaient une grande partie du charme de Blur.  

Enfin, 21 détient en son sein un bel ouvrage (avec photos rares et interview exclusive de Blur) et, at last but not least, un vinyle collector en édition limitée du single « Seymour » complète l’ensemble. De quoi couper le souffle pendant longtemps à l’amateur de Blur, lui faisant oublier que le groupe est sans doute (peut-être ?) en voie de disparition.

Sophie Rosemont

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