André Robert Raimbourgest né le 27 juillet 1917 à Petrot-Vicquemare (Seine-Maritime,Haute-Normandie). Enfant de la Grande Guerre, il ne connaît pas sonpère, mort sur le champ de bataille peu avant sa naissance. Sa mèrese remarie avec un agriculteur, qui élèvera le jeune André. Ilpasse son enfance dans le village de Bourville, qui lui inspireraplus tard son pseudonyme. Elevé dans une famille modeste, unie parde profondes valeurs de solidarité, André restera toute sa viefidèle à cette éthique du respect et de la dignité. Brillantécolier, il se distingue rapidement en faisant le pitre pour amuserses camarades - évitant l'impopularité traditionnelle du« premier de la classe » - et apprend très tôt àjouer de divers instruments (accordéon, cornet à piston...). Ilreprend aux fêtes de village les succès de Fernandel ; lamusique semble être sa vocation, au point qu'il devance l'appelsous les drapeaux pour être engagé comme trompette au 24èmerégiment d'infanterie de Paris. Dans le même temps, le jeunebidasse se fait remarquer en participant à des radio-crochets, et amuse le public par des chansons comiques où il met au point sonpersonnage d'ahuri. En 1938, il remporte le 1er prix duconcours de Georges Briquet au Poste Parisien et celui duradio-crochet « Les Fiancées de Byrrh » sur Radio-Paris. Au régiment, il divertit ses camarades et a l'idée de prendre lenom d'artiste d' «Andrel », imitation moyennementinspirée de Fernandel.
Démobilisé après ladébâcle, et dans l'idée de commencer une carrière artistique,il regagne la région parisienne avec Etienne Lorin, accordéonistede profession qu'il a rencontré à l'armée. Tous deux sontengagés comme accompagnateurs de la chanteuse Marcelle Bordas, femmeà barbe ( !) qui remporte alors un grand succès commeinterprète. Parallèlement, pour gagner sa vie, André apprend sanstrop de conviction les métiers de boulanger, puis de plombier, pourlesquels il se révèlera assez peu doué. Andrel court péniblementle cachet dans Paris, se produisant dans divers cabarets la nuit touten multipliant les boulots alimentaires le jour. Un soir, un patronde cabaret en panne de chanteur lui demande d'improviser un numérosur scène : le jeune artiste fait rire la salle grâce à unmonologue comique qui l'aidera à asseoir sa réputation. Lescachets se multiplient et Andrel, désormais rebaptisé « Bourvil »,gagne mieux sa vie : il peut se marier en 1943. Pierre-LouisGuérin, l'impresario de Tino Rossi, le prend sous son aile etl'engage au « Club » pour une semaine : le succèsest tel qu'il y restera un an. L'aide de Guérin lui permet de seproduire dans des Music-Halls de renom comme l'Alhambra. Georgel,un ancien chanteur célèbre, assiste un soir à l'une des prestations de Bourvil et le présente aussitôt à l'éditeurMichel Fortin. Ce dernier cherche en effet un interprète susceptiblede reprendre le répertoire du comique troupier Paulin, sous uneforme actualisée de « comique paysan ». Bourvil saisitl'occasion pour présenter ses propres textes à l'éditeur. Unecollaboration commence aussitôt entre Fortin et Bourvil, qui estreçu à la SACEM en 1944. Il entrera ensuite chez Pathé Marconi.
Chansons, monologuescomiques, sketches : à partir du milieu des années 1940,Bourvil se multiplie sur les ondes de radio. Le cinéma l'appelleégalement dès 1945 : il tient en 1947 son premier rôleprincipal, interprétant un paysan faux naïf dans le film « Passi bête » d'André Berthomieu, qui remporte un succèscommercial à défaut de marquer l'histoire du cinéma.Parallèlement, il commence d'enregistrer de véritables tubes :« Les Crayons » (chanson du film « La Ferme dupendu ») en 1945, « Pour sûr » (chanson de « Passi bête ») et surtout en 1949 « La Tactique dugendarme », chanson du film « Le Roi Pandore »,nouvelle collaboration avec Berthomieu. Le grand succès de cedernier titre achève de lancer la carrière de Bourvil, quialternera avec bonheur films et chansons, tout en se produisant surscène et dans des opérettes.
En 1952, il interprèteavec Guétary le spectacle « La Route fleurie », opérettede Raymond Vincy sur une musique de Max Revol, qui remportera durantquatre ans un étonnant succès (1302 représentations, et unetournée en Province). En 1958, il retrouve à nouveau Guétary pour« Pacifico », une opérette de Claude Nivoix sur une miseen scène de Max Revol. Il réalise en 1956 avec Guétary deuxémissions sur Radio-Luxembourg, « Cavalcade »,consistant à coacher des artistes en compétition, puis lefeuilleton musical « La Course à l'émeraude ».