Brigitte Bardot est déjà une star du cinéma quand elle enregistre son premier 45-tours, la chanson
« Sidonie », sur un poème de Charles Cros mis en musique par Jean-Max Rivière et
Yanis Spanos, qui vont par la suite accompagner la blonde atomique dans sa carrière discographique. La chanson figure dans le film
Vie Privée ; on l’y voit la chanter en s’accompagnant à la guitare, de cette voix mutine à la sensualité perverse incarnée.
« Sidonie » sort en super 45-tours en 1962, additionnée de trois thèmes instrumentaux.
Chanteuse à succès, star accomplieComme ses nombreuses consoeurs comédiennes des sixties, il est évident que Bardot doit chanter et c’est Philips qui lui fait signer un contrat et sort son premier album, un 25 cm, en 1963. Il contient une collection de tubes inoxydables :
« L’Appareil à sous » signé
Serge Gainsbourg, comme
« Je me donne à qui me plaît », deux chansons qui de toute évidence tablent sur l’aura de sex-symbol de leur interprète. L’album contient aussi
« La Madrague », de Rivière et Bourgeois et du jazz joyeux avec la reprise de
« Everybody Loves My Baby » ou les inédits
« Les Amis de la musique »,
« C’est rigolo » arrangés par
Claude Bolling et pour le goût sud-américain de la vedette,
« El Chuchipe » ou
« Invitango ».
L’album est un succès, le public est déjà accoutumé à la voir chanter, puisqu’elle le fait régulièrement lors de ces shows télévisés (souvent pour le premier janvier, star oblige) que diffuse l’unique chaîne française. Trois morceaux ont été enregistrés lors de ces premières sessions, qui n’ont pas été mis sur l’album, dont
« La Belle et le blues », signé Gainsbourg,
« La Leçon de guitare » en duo avec
Olivier Despax et
« Tiens c’est toi ! », en duo avec Jean-Max Rivière. On les trouvera plus tard, sur les intégrales en CD. Il faut noter, car c’est unique à cette époque, que cet album sort aux Etats-Unis, avec une pochette différente et sous le titre
Brigitte Bardot Sings.
Initiales B.B.Le temps d’exploiter quelques EP tirés de cette œuvre liminaire et voilà un deuxième album de
Brigitte Bardot,
B.B. (1964). Un album essentiellement écrit et dirigé par JM Rivière, arrangé par
Alain Goraguer (Gainsbourg a établi la connexion) et qui contient quelques gemmes comme
« Moi je joue »,
« Ca pourrait changer » et sa couleur pop yéyé,
« A la fin de l’été »,
« Je danse donc je suis », le brésilien
« Maria Ninguen » qu’elle reprend en portugais, ou encore
« Mélanie ». Douze chansons où B.B. s’applique à chanter avec un professionnalisme qui ne gomme pas sa candeur.
En 1965, elle revient avec un EP inédit incluant
« Je manque d’adjectifs » cosigné André Popp,
« Les hommes endormis » et deux chansons de Gainsbourg :
« Les Omnibus » et surtout
« Bubble Gum », qui est resté dans les mémoires, comme un sommet de chanson acidulée. En 1965, sort également la bande originale de
Viva Maria, le film de Louis Malle avec les deux stars majeures du cinéma hexagonal,
Brigitte Bardot et
Jeanne Moreau. Brigitte et Jeanne y chantent de concert
« Paris, Paris, Paris »,
« Ah ! Les p’tites femmes de Paris » et
« Maria Maria ».
En 1966,
Brigitte Bardot sort un nouveau super 45-tours original avec quatre titres de la patte Rivière/Bourgeois, sur des orchestrations de Charles
Blackwell, qui a arrangé notamment Françoise Hardy :
« Le Soleil »,
« Gang Gang »,
« On déménage » et
« Je reviendrais toujours vers toi ».
Brigitte Bardot enregistre ensuite un monument :
« Je t’aime moi non plus », qui restera inédit de longues années. Après sa courte mais intense
love affair avec Gainsbourg, elle a épousé le play boy Gunther Sachs et craint que cet enregistrement torride et explicite (les soupirs d’extase que Bardot pousse ici n’ont rien à envier à ceux de celle qui finalement reprendra « le rôle »,
Jane Birkin, en 1969) ne froisse son frais épousé. Il faudra attendre 1986 pour écouter ce rock & râle dans sa version originelle.
Suite et finEn 1967, la télévision diffuse un événement qui va faire beaucoup pour les premiers émois sexuels de jeunes gens qui sont scotchés devant l’écran : on y diffuse le
Bardot Show, une mise en scène explosive et des chansons inédites, avec quelques invités (Sacha Distel, Gainsbourg, tous deux ex-amants de la dame, mais aussi
Manitas de Plata, son idole gitane).