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Biographie de Can

Tout commence en juin 1968 à Cologne où a lieu dans l’appartement d’Irmin Schmidt la rencontre de cinq musiciens. Trois d’entre eux ont fait des études classiques de musique : Irmin Schmidt (claviers) Holger Czukay (basse) et David Johnston (flûte). Jaki Liebezeit, le batteur ne goûte plus l’évolution du free jazz qui mène selon lui à une impasse musicale et veut rejouer des rythmes « primitifs « tandis que Michael Karoli – par ailleurs ex-élève de Czukay – est un jeune guitariste nourri de rock mais dont le spectre musical s’étend aussi aux musiques tziganes et au jazz. L’intention de Irmin Schmidt est de fonder un groupe dont les membres viendraient de la musique classique, du jazz et du rock et qui produirait une musique privilégiant la spontanéité et le travail en collectif. Leur premier concert est un happening improvisé au château de Nörvenich où l’on entend des séquences très bruitistes, de la musique rock et des bandes magnétiques des émeutes de Mai 1968 à Paris. C’est dans ce château qu’ils créeront leur propre studio Inner Space : la grande aventure de Can peut enfin commencer.

L’ascension de CAN

En août 1968 à Paris, Hildegard Schmidt, la femme du pianiste, fait la rencontre d’un sculpteur noir américain Malcom Mooney. Celui-ci n’a aucune expérience vocale mais elle l’invite à Cologne pour qu’il rencontre Can dans leur studio. Il se met au chant et en quelques instants, la musique prend une coloration très rock, très urbaine : le premier morceau enregistré sera « Father cannot yell » dont Czukay dit « Nous l’avons répété quatre fois et j’étais fier d’avoir joué de la basse pendant les sept minutes du morceau. Nous n’avions pas de table de mixage, juste un magnétophone 2 pistes et cinq micros ». C’est avec ce matériel rudimentaire que sera enregistré le premier album  Monster Movie .  

A l’écoute, on y sent une spontanéité et une urgence peu commune dont le seul cousin lointain serait le Velvet Underground période White light - white heat où les groupes garage américains. Néanmoins c’est le long morceau de 20 minutes « You doo right » qui résume la tonalité du disque : le martèlement tribal du batteur, la basse hypnotique de Czukay, la guitare stridente de Karoli et le chant (lecture d’une lettre de son amie) animal de Mooney font de ce morceau un monument de transe. Le comportement de plus en plus erratique de Mooney sur scène (fréquemment en retard ou quittant le concert en plein milieu) affectera petit à petit le groupe. De plus, il traverse une sévère dépression avec des envies de suicide  : le groupe veille sur lui afin qu’il ne commette pas l’irréparable. Sur les conseils d’un psychiatre, Mooney quitte l’Allemagne pour revenir aux États- Unis. Un autre album  Delay 1968  - sorti plus tard en 1981 - compile les autres travaux de Can avec ce chanteur : un disque aussi indispensable que  Monster Movie .

Sur un album de musiques de films  Soundtracks  figurent ses deux derniers morceaux avec le groupe : le dérangeant « Soul desert » où sa voix se glisse dans les aigus et « She brings the rain », unique ballade jazz du groupe où il dévoile des talents de crooner. En Mai 1970, un jeune beatnick japonais Damo Suzuki devient le nouveau chanteur de Can. Jaki Liebezeit et Holger Czukay l’ont rencontré par hasard dans les rues de Munich où il chantait des odes étranges au Soleil. Ils lui proposent de monter sur la scène du Blow up, la discothèque où ils jouent depuis quelques jours. Le concert fut une expérience éprouvante car la faculté de Damo de passer d’une voix douce à des cris insoutenables désarçonna le public : il y eut quelques bagarres, la salle se vida rapidement pour laisser place  à une soixantaine d’auditeurs motivés.  Sur les autres morceaux de  Soundtracks  on peut entendre ses premières interventions : Damo s’y révèle un inventeur de mélodies passant du murmure sur « Tango whiskeyman » au chant lyrique et furieux de « Deadlock ». Cette grande facilité d’adaptation aux ambiances musicales et sa grande complicité avec la guitare de Michael Karoli se vérifiera pleinement sur le double Tago Mago  sorti en 1971. L’album est partagé en deux blocs : une première partie de morceaux assez cadrés avec ce groove impérial et tribal de Jaki Liebezeit et la deuxième où l’improvisation et l’expérimentation sonore donnent lieu à des pièces qui vont jusqu’à 17 minutes.Tago Mago est reçu par des critiques dithyrambiques particulièrement en France  où Rock and Folk le qualifie « d’expérience musicale la plus impressionnante d’Europe » et en Angleterre où le Melody Maker parle de Can comme « le  meilleur groupe expérimental d’Europe Angleterre comprise ».

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Les dates ...

2004
Remasterisation du catalogue Can
2001 (17 Novembre)
Décès de Michael Karoli