Candi Staton-Sussewell voit le jour le 13 mars 1940 à Hanceville, petite bourgade de l’Alabama, dans une famille déchirée (la mère va à l’église, le père au bar). Le sud des États-Unis marquera à tout jamais une chanteuse qui, dès l’adolescence, s’engage dans les tournées gospel, entre autres en compagnie des Soul Stirrers, emblématique groupe initial de Sam Cooke.
Après des années cinquante consacrées à la musique liturgique, elle divorce d’un trop jeune mari, et rallie en 1968 une inspiration profane, qui lui permet de collecter près d’une vingtaine de hit singles, et de se voir gratifiée du surnom de First Lady of the Southern Soul. En 1970 (année où elle épouse le chanteur Clarence Carter) est édité l’un de ses albums majeurs : I’m Just a Prisoner. Staton s’attache alors à dresser avec talent des ponts entre soul et country (sa reprise du standard « Stand By Your Man » en 1972 fera date).
La désaffection du public pour la soul sudiste durant la décennie suivante enjoint Candi Staton à se tourner vers le disco, dont elle devient une figure éminente, grâce au producteur David Crawford, et quelques tubes entraînants (« Young Hearts Run Free » en 1976).
Alors qu’elle se retrouve sans label, l’Américaine revient dans le giron du gospel, épouse John Sussewell (ancien batteur d’Ashford & Simpson), et fonde avec lui un label qui lui permet de rester avec succès (elle est à plusieurs reprises nominée aux Grammy Awards) sur le devant de la scène.
Les années 1990 sont consacrées à une alternance bien pensée entre musique de la foi, pop songs, et visite nostalgique de ses plus grands succès. Les albums His Hands (2006) et Who’s Hurting Now? (2009) consacrent l’extrême habileté de Staton, qui est restée une star en Grande-Bretagne, à habiter tout genre de répertoire.
Christian Larrède
Les dates ... 2009 (09 Février) Sortie de Who's Hurting Now? 1976 Succès de « Young Hearts Run Free » |