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Biographie de Chuck Berry

par

Goode » à destination de son acolyte (n°8 en mai 58 – couplé à « Around and Around »), suivi de « Carol » (n°18 en octobre). Berry est alors accompagné du bassiste Lafayette Leake et du batteur Fred Below, présents sur les premiers albums After School Session et One Dozen Berrys (1958) qui réunissent ses hits et autres perles de sa créativité débordante.

Hormis le fait qu’il soit un brillant faiseur de chansons et un guitariste inventif qui donne ses lettres de noblesse à la Gibson ES-335 (modèle standard ou « body »), Chuck Berry se révèle un fin observateur d’une société américaine en pleine mutation consumériste, parlant d’amourettes et de voitures comme nul autre, mais traitant également ouvertement de problèmes de justice et de racisme, ce qui lui vaut d’être surveillé de près par les autorités s’inquiétant de la popularité du rock ‘n’ roll comme d’un risque pouvant déclencher quelques troubles au bon ordre national. Dès lors, Berry fait l’objet de beaucoup d’attention, et l’année 1959 qui s’annonce lui apporte encore quelques succès, mais surtout des ennuis.

Berry sous les verrous

Après « Sweet Little Rock and Roller » et « Run Rudolph Run » - une comptine de Noël transformée en ode au rock -, le rocker noir inscrit de multiples et glorieux titres à son palmarès : « Almost Grown »/ « Little Queenie » (avril 59), « Back in the U.S.A. »/ « Memphis, Tennessee » (juillet), « Let it Rock » (mars 60) et « Bye Bye Johnny » (juin). Les albums Chuck Berry is On Top (1959) et Rockin’ at the Hops (1960) reprennent la plupart des morceaux d’anthologie du maître, y ajoutant quelques nouveautés appréciables. Les autres activités de Berry, comprenant la scène et le cinéma, montrent l’étendue de la palette d’un showman hors-pair. Il crée le fameux duck walk (avançant sur un pied et dodelinant de la tête sans s’arrêter de jouer), et apparaît dans les films Rock, Rock, Rock (1956, il interprète « You Can’t Catch Me ») et Johnny, Go ! (1959). En homme d’affaires averti, il monte une boîte de nuit (Chuck Berry’s Nightstand) et un parc d’attractions portant son nom (le Berry Park), et se fait déjà connaître des organisateurs de concert pour son âpreté au gain, n’hésitant pas à marchander une rallonge quelques minutes avant d’entrer en scène. Une habitude qu’il saura garder pour le restant de sa carrière, en plus d’employer les musiciens du cru qu’il paie au tarif minimum – c’est un honneur inégalable que de jouer avec Chuck Berry -, et de restreindre sa performance au strict nécessaire de quarante-cinq minutes, comme à ses débuts !

En décembre 59, les ennuis sérieux arrivent. Chuck Berry est accusé sur dénonciation d’avoir engagé une danseuse dans son night club, celle-ci se révélant une Indienne apache mineure (Sweet little fourteen…) et prostituée (à son insu, reporte-t-il). Le guitariste tombe sous la double accusation de proxénétisme et détournement de mineure, et est envoyé en prison pour cinq ans à partir d’octobre 1961, après un procès où il doit souffrir les remarques racistes du juge. La conséquence immédiate est l’arrêt net d’une carrière en plein essor, et un soulagement pour le bureau fédéral de voir Berry sous les verrous, Presley à l’armée, Jerry Lee Lewis en perte de vitesse, le Révérend Little Richard  reconverti au Gospel, Buddy Holly et Eddie Cochran enterrés. Faisant preuve de bonne conduite, le prisonnier Berry est finalement libéré au terme de deux années et demie, mais se retrouve bien isolé et démuni de toute rivalité pour endosser le titre bien mérité de « roi du rock ‘n’ roll ».

Héritage

Après une série de compilations (New Juke Box Hits), un premier album live (Chuck Berry On Stage, 1963) qui obtient davantage les faveurs du public anglais en pleine découverte de l’idiome transatlantique, et quelques inédits (« I’m Talkin’ ‘Bout You » août 63 – un bide) destinés à faire patienter les fans, Chuck Berry retrouve les studios d’enregistrements début 1964, prouvant qu’il a conservé son sens de la formule et du riff. « Nadine » (février, n°23) est suivi par les hits « No Particular Place to Go » (mai, n°3) et « You Never Can Tell » (juillet, n°23), faisant de cette année – celle du débarquement du contingent anglais sur les terres du rock ‘n’ roll – la dernière à porter le faste d’antan. S’il peine à retrouver la magie de la décennie précédente, Chuck Berry est récompensé par le culte que lui vouent les dizaines de groupes et musiciens anglais, français ou autre qui reprennent à tour de bras la quasi-intégralité de son répertoire, à tel point qu’il serait vain de dresser une liste de ces covers, tant elles sont nombreuses et finalement proches des versions originales, si ce n’est la puissance des amplis qui a considérablement augmenté.

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Les dates ...

1988 (Février)
Sortie du film et de l'album Hail! Hail! Rock N Roll
1979 (Octobre)
Sortie de l'album Rockit

Vidéo

Chuck Berry - clip vidéo Drifting Heart

Drifting Heart
Chuck Berry