En 2001, Coralie Clément est une étudiante en histoire qui a laissé dix ans d'études de violon derrière elle, et rien ne la destine alors à faire carrière dans la chanson. Sauf que son grand-frère se nomme
Benjamin Biolay, compositeur notamment de
Keren Ann, et celui-ci vient de sortir son premier album solo intitulé
Rose Kennedy (2001).
A cette époque,
Benjamin Biolay vient d'écrire des chansons pour
Jane Birkin et Coralie Clément s'essaiera par hasard à poser sa voix sur les mélodies de son frère, expérience qu'il juge finalement concluante. Cet album, imaginé par les deux comme une bande originale d'un film semblable au
Jules et Jim (1962) de François Truffaut, navigue entre arrangements jazzy et bossa-nova, dans un univers musical très influencé par
Serge Gainsbourg. Les mélodies font sans discrétion des clins d'œil à celles de
« Dieu fumeur de Havanes » ou de
« Melody Nelson », et les textes jouent sur les mots à la manière d'un
Boris Vian.
Coralie Clément n'a visiblement jamais travaillé sa voix, alors elle susurre dans le micro en se laissant porter par les musiciens. L'effet est confondant, si proche qu'elle est de celle de Jane Birkin... Alors, si le frère et la sœur n'ont rien inventé, peu importe, le résultat est plaisant et contentera les nostalgiques du style. Et en suivant les pas du maître,
Benjamin Biolay trouve là sa nouvelle égérie.
Sophie Lespiaux