C’est à Brooklyn (New York, Etats-Unis) que Cynthia Anne Stephanie Lauper voit le jour, le 22 juin 1953. Ses parents divorcent tôt, et la mère de Cyndi doit déménager dans un quartier pauvre du Queens, travaillant comme serveuse pour nourrir ses trois enfants. La jeune fille se réfugie dans la musique et apprend rapidement à jouer de la guitare : elle commence à écrire des textes et à expérimenter des coiffures et garde-robes aussi fantaisistes que colorées. Encore adolescente, elle quitte un temps le domicile familial, suit des études d’art dans le Vermont et bourlingue un peu, avant de revenir à New York. Au milieu des années 1970, Cyndi Lauper satisfait sa vocation musicale en chantant dans des petits groupes locaux : une carrière qui manque vite d’être tuée dans l’œuf quand, en 1977, la jeune fille doit prendre un an de repos pour soigner ses cordes vocales. Ayant récupéré sa voix grâce à des cours intensifs avec un coach vocal, elle fonde avec John Turi le groupe Blue Angel, qui signe en 1980, chez Polydor Records, un album éponyme dans la mouvance New Wave. Mais, malgré de bonnes critiques, l’album se vend médiocrement ; en outre, le groupe a la mauvaise idée de se séparer de son manager, lequel réagit en les attaquant en justice pour rupture de contrat : Cyndi Lauper se retrouve sur la paille et le groupe n’y survit guère. La chanteuse gagne de quoi manger en se produisant dans des clubs : à la faveur de l’un de ses concerts, elle rencontre le manager David Wolff, qui devient son compagnon et prend sa carrière en main. Wolff l’aide à décrocher un contrat chez Columbia.
Poupée de la Pop
A l’automne 1983 sort le premier album solo de Cyndi Lauper, She’s So Unusual, qui se révèle un énorme succès. C’est d’abord le pétillant « Girls Just Want to Have Fun », où la voix haut perchée et faussement gamine de Cyndi Lauper fait merveille : ce dynamique morceau Pop devient aussitôt un tube international, s’affirmant comme l’une des chansons-symboles de la décennie 1980. Le look de Cyndi Lauper et ses cheveux roux coiffés en pétard, font des ravages parmi les jeunes filles, contribuant à lancer la mode « poupée énervée post-punk ». La ballade « Time After time » est également un carton, cimentant le succès de Cyndi Lauper qui prouve la plasticité de son talent de chanteuse. La promotion de l’album bénéficie notamment de la nouvelle industrie du vidéo-clip, qui devient dans les années 1980 un outil indispensable de promotion des chansons : le clip de « Girls Just Want to Have Fun », notamment, passe en boucle sur MTV, faisant de Cyndi Lauper non seulement une star de la chanson, mais une star de la télévision. La chanteuse parachève le succès de l’album en empochant le Grammy Award de la révélation de l’année.
Les catcheurs du rock
Catapultée au sommet du vedettariat, Cyndi Lauper se retrouve mêlée à des évènements médiatiques qui, en dehors des Etats-Unis, apparaissent d’un exotisme assez délirant : sur l’instigation de son manager, la chanteuse se met en effet à fréquenter assidûment le milieu du catch, se produisant avant des matchs, se livrant à des pitreries savamment mises en scène avec des vedettes comme Hulk Hogan et Roddy Piper, ou jouant les « manager » de la catcheuse Wendi Richter, dont « Girls Just Want to Have Fun » devient la chanson emblématique. Cyndi Lauper n’en oublie heureusement pas la musique, et se voit même maintenue sur le devant de la scène par Steven Spielberg en personne, qui lui demande d’écrire des titres pour sa nouvelle production, Les Goonies : outre la composition de plusieurs morceaux pour la B.O., la chanteuse interprète « The Goonies ‘R’ Good Enough », la chanson principale de ce petit hit.
Des étoiles dans le chapeau
En 1986, Cyndi Lauper sort enfin son second album, True Colors, qui n’égale pas le triomphe du précédent, mais remporte tout de même un important succès, notamment grâce à la chanson-titre. Cyndi Lauper continue de se produire dans le monde entier, se payant même le luxe d’interpréter, avec le chanteur soviétique Igor Nikolaev, le titre « Cold Sky », qui ambitionne d’être la chanson-symbole de la détente entre Est et Ouest. On la voit également, comme sa concurrente Madonna, se risquer au cinéma en interprétant quelques films. Mais, avec la sortie en 1989 de son troisième album, A Night to Remember, se révèle une déception commerciale. Au tournant de la décennie, le style Pop-Dance de Cyndi Lauper fait moins recette.