David Bowie, de son vrai nom David Robert Jones, est né le 8 janvier 1947 à Brixton, dans la banlieue de Londres. Il découvre le jazz et les poètes de la
Beat generation avec son frère Terry, avant de succomber au charme du rock'n'roll.
En 1962, il joue du saxophone au sein des Kon-Rads, et reçoit un mauvais coup qui lui laisse une pupille dilatée, ce qui lui donne ce regard étrange dont il saura se servir. Au cours des années 1960, il cumule les expériences de chanteur au sein des groupes de rhythm'n'blues, et commet un premier simple
« Liza Jane » en 1964, avec les King Bees. Sous le nom de
Davy Jones, il intègre les Manish Boys (
« I Pity the Fool »), le Lower Third, pour des 45 tours sans succès.
Odyssée folkSur les conseils de son manager Ken Pitt, le chanteur prend le nom de
David Bowie et sort deux singles en solo. Remarqué par le label Decca, il signe un premier album homonyme en 1967, qui laisse le hit
« Love You 'til Tuesday » et quelques mignardises pop. La rencontre avec le l'ingénieur du son américain
Tony Visconti (qui produira onze de se albums) et ses cours de mime avec Lindsay Kemp transforment le jeune Bowie en un artiste complet auquel il ne manque qu'un vrai hit. Il arrive à l'été 1969 avec
« Space Oddity » et un album folk. La même année, il se lie à Angela Barnett, qui développe son apparence androgyne.
Sous l'impulsion d'un nouveau manager,
Tony De Fries, et de nouveaux partenaires dont le guitariste
Mick Ronson,
David Bowie publie
The Man Who Sold the World (1970), album foncièrement rock malgré une pochette le représentant en robe dans sa première version. Le disque suivant,
Hunky Dory (1971), se distingue par ses arrangements sophistiqués et des mélodies fortes (
« Changes »,
« Life on Mars »).
Du glam rock à la soulAlors que T.Rex mené par son ami et rival
Marc Bolan occupe le haut des classements,
David Bowie cherche à asseoir sa notoriété avec un album conceptuel.
The Rise and Fall of Ziggy Stardust & the Spiders from Mars (juin 1972), qui s'insipire de différents personnages (Iggy Pop,
Vince Taylor et The Legendary
Stardust Cowboy), déploie un rock'n'roll survitaminé avec
« Hang on to Yourself »,
« Moonage Daydream » et le morceau-titre. Bowie apparaît sur scène avec un nouveau look provocateur : platform boots, tenues à paillettes, cheveux orange et maquillage outrancier. Il s'impose alors comme la nouvelle star du glam rock. Etalée sur une année et demie, la tournée le mène jusqu'aux Etats-Unis et au Japon.
Il fait alors la rencontre de
Lou Reed dont il co-produit l'album
Transformer, et d'Iggy Pop avec qui il sympathise, et produit l'album
Raw Power d'Iggy & the Stooges. À
Mott the Hoople, il offre le hit
« All the Young Dudes ». Dans la foulée de sa tournée américaine, Bowie enregistre l'album
Aladdin Sane (1973), accueillant le pianiste
Mike Garson. Le 3 juillet
1973 marque la fin de sa tournée : Bowie fait ses adieux à l'Hammersmith Odeon. En fait, il se débarasse de l'encombrant double Ziggy. En fin d'année paraît un album de reprises,
Pinups.
Bowie cherche alors à rebondir. Il se saisit du concept du roman
1984 de
George Orwell pour développer les thèmes de l'album
Diamond Dogs (1974), qui lui procure le hit
« Rebel Rebel ». La tournée ambitieuse est documentée sur le double
David Live (1975). De nouveau inspiré par son périple américain, il se mue dans la peau d'un chanteur soul pour
Young Americans (1975), contenant un duo avec
John Lennon (le n°1
« Fame »).
L'homme qui venait d'ailleursDébut 1975, Nicholas Roeg engage Bowie pour son film
L'homme qui venait d'ailleurs. Fin 1975, il enregistre
Station to Station et crée le personnage décadent du Thin White Duke.
En 1977, Bowie retrouve
Iggy Pop avec qui il compose et produit les albums
The Idiot et
Lust for Life. Ils s'installent ensemble à Berlin. La quête de la nouveauté mène Bowie vers la musique synthétique et ambient de
Brian Eno avec qui il enregistre
Low, disque important qui pose les bases de la cold wave et la new wave. C'est le premier volet d'une trilogie qui comprend également
'Heroes' (1978, avec son morceau-titre emblématique) et
Lodger (1979, précurseur, mêlant rythmes africains, synthétiseurs et guitares).