Bébé DJ, tombé dedans lorsqu'il était petit,
David Guetta est né en 1967 à Paris. Adolescent calme, il commence à s'intéresser à la musique. Mais, alors que ses petits camarades poussent leurs premiers vagissements punk en grattant frénétiquement les cordes de leurs guitares, c'est l'univers électronique qui attire déjà David, qui commence à mixer derrière des platines improvisées dès l'âge de treize ans. Le rap commence à faire son apparition timide dans l'Hexagone et les premiers
disc jockeys scratchant leurs 33-tours à qui mieux mieux commencent à passer dans l'émission
H.I.P.- H.O.P., présentée par Sidney, popularisant cette musique sans instrument.
Sampling et
scratching deviennent donc deux arts dans lesquels
David Guetta s'illustre bien avant l'âge adulte.
Aux frontières de l'aubeLe
Troll, la Factory et le Board deviennent les trois premiers temples dans lesquels s'illustre le jeune
David Guetta alors âgé de dix-sept ans. L'ère est au début des musiques électroniques et l'échantillonnage devient un style bien particulier. Popularisée dans les clubs de la capitale (les « boîtes de nuit », déjà à l'époque, c'est de l'autre côté du périphérique !), l'acid-house devient une musique de référence pour une partie de la jeunesse. Comme à l'habitude, en matière de nouvelles tendances, le milieu gay est l'un des précurseurs dans le domaine.
Associé au directeur artistique freelance Kien, organisateur de soirées branchées,
David Guetta rejoint ce dernier lorsque le Rex Club lui propose d'organiser les soirées Unity. S'inspirant de ce qui se fait de mieux à Londres et New York, Kien et Guetta multiplient les
sets et les employeurs, passant du Rex au Central ou au Boy, alors l'un des lieux-phares du microcosme gay parisien. DJ apprécié pour son professionnalisme,
David Guetta devient alors l'une des figures des nuits parisiennes, alors qu'en parallèle, un autre petit jeune commence lui aussi à se faire un nom dans le domaine de la house :
Laurent Garnier.
Mari DJDébut 1990, Kien et
David Guetta se voient approcher par les nouveaux propriétaires d'un ancien cabaret de Pigalle, transformé en club ultra-branché, les Folies Pigalle pour assurer la direction artistique de la boîte. Haut-lieu de la prostitution, le quartier Pigalle devient peu à peu clinquant et
arty, dédié aux musiques parallèles et aux sonorités nouvelles. Ainsi, la Boule Noire, l'Elysée-Montmartre ou même le mythique
Chat Noir d'Aristide Bruant deviennent autant de salles de concerts et de clubs à la mode, drainant une foule de plus en plus nombreuse. Désormais installé aux platines de la boîte,
David Guetta n'y reste que le temps de taper dans l'?il du nouveau propriétaire du Central, bien décidé à revaloriser cette boîte des Champs-Elysées en perdition pour en faire le Queen, haut lieu de la branchitude à destination des gays.
Mais les propositions affluent et, à peine débarqué aux manettes du Queen, voilà déjà
David Guetta embarqué dans les valises d'une certaine Cathy, ancienne physionomiste des Bains-Douches, pour le Bataclan, une salle de concert reconvertie en temple de la techno. Les deux oiseaux de nuit se découvrent très rapidement des atomes crochus et convolent en justes noces, alors que la cote du DJ ne cesse de monter dans le milieu. Mixant pour la première fois à Ibiza en 1996, c'est grâce à l'influence de Cathy que David se découvre homme d'affaires et prend conscience que sa carrière de DJ peut lui permettre d'aller beaucoup plus loin que les simples soirées qu'il contribue à animer. Désormais soutenu efficacement par son épouse,
David Guetta passe la surmultipliée et commence à mixer dans des festivals internationaux en plus de ses activités de businessman. Le nom « Guetta » commence a avoir un potentiel déclinable sur de multiples supports et, alors que
David Guetta s'acharne sur ses platines, son épouse Cathy, en coulisses, s'occupe de faire fructifier les affaires du couple.
Blues en noir pour un Paradis roseUn premier album,
Just a Little More Love, sort en 2002. Si la
French touch a bonne presse,
David Guetta vise clairement le public international et le hit
« Love Don't Let Me Go » fait danser d'Ibiza à Londres, en passant par Amsterdam. Cet énorme carton est le prélude à une vaste opération marketing dont le nom Guetta est le produit à vendre: sortie d'un parfum au nom de Cathy, tout d'abord, puis investissement dans l'un des premiers clubs de
strip-tease de la capitale, le Pink Platinum, inauguré à grands frais en présence de tout le gratin des nuits parisiennes.
Mais derrière la façade rose des accortes danseuses peu vêtues, commence très vite à planer une rumeur bien plus noire : celle de la prostitution et du proxénétisme.