C’est en 1968 à Hertford que l’histoire commence. L’Angleterre en a alors terminé avec le British Blues Boom et s’essaie au psychédélisme ; Clapton sanctifie le rôle du
guitar-hero en fondant
Cream et
Jimmy Page ne va pas tarder à l’imiter avec
Led Zeppelin.
Ritchie Blackmore est déjà un guitariste de studio lorsqu’il rencontre
Jon Lord, virtuose aux claviers pourvu d'une formation classique.
Ritchie Blackmore auditionne le batteur
Ian Paice pour former Roundabout avec deux autres musiciens :
Rod Evans (chant) et
Nick Simper (basse). Devenu
Deep Purple le groupe commence à tourner dans les pays scandinaves.
En mai 1968, paraît leur premier album,
Shades of Deep Purple qui, sur fond de pochette violette propose un cocktail incertain de blues/pop/psychédélisme au manque de cohésion flagrant
Sous le signe du rock symphoniqueLa reprise du titre
« Hush » de
Joe South est remarquée aux Etats-Unis, où elle finit par se classer au
Top 5. Le second album
The Book Of Taliesyn ne sort d'ailleurs à l'origine qu'aux Etats-Unis en 1969.
Sobrement intitulé
Deep Purple le 3ème album paraît aussi en 1969. L’échec de cet album coûte leur place à
Rod Evans et
Nick Simper, remplacés par
Ian Gillan au chant et
Roger Glover à la basse. Leur arrivée se révèle décisive en raison des talents d’arrangeur de
Roger Glover et surtout la voix si haut perchée d'Ian Gillan, capable de rivaliser avec
Robert Plant.
Le 24 septembre 1969
Deep Purple enregistre une des plus grosses tartes à la crème de l’histoire du rock :
Jon Lord toujours hanté par ses complexes de classicisme décide le groupe à enregistrer en public avec le Royal Philarmonic Orchestra dirigé par Malcolm Arnold.
In Rock veritas
L’échec de
Concerto for Group and Orchestra permet à
Ritchie Blackmore de prendre le contrôle du groupe, l’homme en noir a été conquis par le premier album de
Led Zeppelin sorti cette même année 1969 et il sent que l’énergie lourde qui suinte des sillons de ce vinyle va lui permettre d’exprimer ses envies de guitariste.
In Rock est un monument dès la pochette : nos cinq musiciens n’hésitent pas à détourner le célèbre visuel du Mount Rushmore pour se présenter en tant que Présidents du Rock. La démesure qui sera désormais la marque du hard rock est lancée et les titres parlent d’eux-mêmes :
« Speed King »,
« Bloodsucker », et autres
« Hard Lovin’ Man » ne font pas dans la dentelle.
Le succès est comme l’album, franc et massif avec plusieurs millions de copies vendues dans le monde, le 45-tours
« Black Night », qui ne figure pas sur l’album, monte lui aussi à l’assaut des hit parades.
En 1971 c’est carrément à la conquête de l’espace que se lance le groupe avec l’efficace
Fireball . Deep Purple, avec ces deux albums et les tournées qui suivent, est déjà un grand groupe, adulé, reconnu par ses pairs et le public.
Fumée sur le Lac LémanTout commence par un fait divers lorsque le groupe part enregistrer en Suisse, son album suivant,
Machine Head. Le 4 décembre 1971,
Frank Zappa se produit dans le cadre du prestigieux Festival de Jazz de Montreux lorsqu’un violent incendie éclate au Grand Hôtel où a lieu le concert ; l’hôtel est détruit et l’incendie qui se reflète sur le Léman marque les esprits des musiciens.
« Smoke On the Water » n’est pas UN morceau, c’est LE morceau. C’est un des riffs de guitare les plus connus au monde (avec
« (I Can’t Get No) Satisfaction » ou
« Cocaine »), imparable de simplicité et d’efficacité. Ce titre énorme ne doit pas faire oublier que l’album qui le porte,
Machine Head, contient bien d’autres titres comme
« Highway Star »,
« Never Before »,
« Lazy » ou
« Space Truckin’ ».
Groupe fondateur du hard rock, auteur d’un hymne intemporel,
Deep Purple ne va pas s’arrêter en si bon chemin.