Benedictus Albertus
Dick Annegarn voit le jour le 9 mai 1952, à La Haye (Pays-Bas).
Il grandit dans la capitale de la Belgique, où ses parents l’ont inscrit à l’École Européenne. Scout, on l’affuble d’un totem emblématique : Marmotte Rouscailleuse.
Toute la musique qu'il aimeSon approche autodidacte de la musique en général, et de la guitare en particulier, se fait à travers des disques de
Woody Guthrie ou Big Bill Bronzy, de blues et de folk, la plupart enregistrés outre
Atlantique. Malgré ces préférences, il prend l’habitude de composer en français, langue qui le séduit au-delà de toute expression.Après l’abandon d’études d’agronomie qu’il suit (mais pas de trop près) à Louvain, il succombe à la mode communautaire, en s’associant à une expérience de cette nature en Lozère.Puis, il s’installe à Paris en 1972, où il fréquente assidûment l’American Center, et fait ses premières gammes au Petit Conservatoire de Mireille (rendez-vous obligé où se sont croisés Françoise Hardy
Yves Duteil, ou Sapho).
Ubu, Mireille et les autresIl enregistre son premier album l’année suivante, grâce à l’appui du directeur artistique Jacques Bedos : des chansons comme
« Ubu » (en hommage à l’écrivain Alfred Jarry), ou
« Bébé Éléphant », lui font connaître le succès, qui ne se dément pas avec ses éditions suivantes (
Je Te Vois-1975, ou la chanson
« Mireille »).Il se produit alors avec succès à l’Olympia de Paris, ou sur la scène du Palais des Congrès.Pourtant, une trop grande exposition publique, et le snobisme des milieux artistiques parisiens, lui pèsent rapidement : il vit alors sur une péniche, et se concentre sur le tissu associatif de Noisy-le-Grand, où il a jeté l’ancre, pour organiser ses concerts.
Cyclone sur la chansonEn 1976, l’album expérimental
Anticyclone (enregistré en compagnie de l’inclassable Albert Marcoeur), est suivi de
Zoum (1977). Mais c’est durant la tournée qui suit (intitulée
De ce spectacle ici sur terre) qu’il proclame ses adieux au commerce du disque, à l’occasion d’une déclaration paraphée
La Rock industrie et moi.
Dick Annegarn se consacre alors au journalisme, à l’ouverture d’un café-épicerie, et à de multiples voyages (il finit même par s’installer durant de longues périodes au Maroc).En 1979, il enregistre en compagnie du belge Daniel Schell (
Egmont & FF Boom), puis un album en public (
Ferraillages), avec la participation du bluesman américain, pour une fois sorti de sa Louisiane natale,
Robert Pete Williams.
De temps en tempsEn 1981, un nouvel album est publié (
Citoyen), enregistré aux côtés de
Jean-Philippe Goude, et prétexte à des concerts sur la scène du théâtre Bobino de Paris.Il est suivi de
140 BXL (1984).En 1985, sort un album (
Frères) enregistré en compagnie de l’accordéoniste
Richard Galliano. Il se produit alors au Printemps de Bourges, puis remplit les quatre mille places du Zénith de Paris.En 1987, Annegarn crée un premier spectacle théâtral,
Un Belge imaginaire.En 1990 paraissent coup sur coup deux nouveaux enregistrements :
Ullegarra, et
Chansons Fleuves.Le chanteur se tourne par la suite de nouveau vers le théâtre, avec la pièce
2112.En 1993 est édité
Inédick.En 1997, sort l’album
Approche-toi : sous un cliché de pochette signé
Jean-Baptiste Mondino, la session célèbre la fin d’une longue période, sinon de silence, du moins de défiance vis-à-vis de l’univers de la chanson.
Adieu verdure, bonjour DickOn célèbre de nouveau son retour en 1999, grâce à l’album
Adieu Verdure, dans lequel chante un compagnon de tournée, Matthieu Boogaerts.L’album en public
Dick Annegarn au Cirque d’Hiver sanctionne son installation dans ce haut-lieu de la famille Bouglione.En 2001 est publié
ABCDROM de
Dick Annegarn, objet mêlant chansons et bandes dessinées.Suivent deux nouvelles productions :
Un’Ombre (2002), et
Plouc (2005). La même année, sa musique accompagne
Le cri de Tarzan, film de Thomas Bardinet. Dick s’installe alors à Wazemmes, quartier populaire de Lille.En 2006,
Le Grand Dîner (Tribute à Dick Annegarn) rend hommage au chanteur, grâce à des reprises signées
Alain Souchon, Christophe, Agnès Jaoui, Louis Chédid, M,
Alain Bashung, ou
Arno.Sa chanson
« Bruxelles » lui vaut d’avoir été intronisé citoyen d’honneur de la ville.