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Biographie de Dick Rivers

par

Tout, mais pas ça : on ne peut pas naître le 24 avril 1945 dans les Alpes-Maritimes (à Villefranche-sur-Mer, près de Nice, est-ce bien sérieux ?) et continuer à s'appeler Hervé Forneri. Mieux vaut emprunter le nom (Deke Rivers) du personnage incarné par Elvis Presley dans le film Loving You... On ne peut pas participer à l'introduction du rock'n'roll en France comme leader des Chats Sauvages, pour que cela dure plus de deux années (plus précisément, de 1961 à 1962). On ne peut pas brièvement apparaître dans La Candide Mme Duff (1999) de Jean-Pierre Mocky, pour ne pas transporter ses guêtres dans Le Furet, du même (2003) et ainsi donner la réplique à un Jacques Villeret à deux ans d'une hémorragie interne hépatique.

On ne peut pas intégrer la pièce Les Paravents de Jean Genet, sans que l'on se dise que quelqu'un participant à une charge de l'armée ayant ulcéré les groupuscules d'extrême droite ne peut être complètement mauvais. On ne peut pas collaborer avec, au choix, Joseph d'AnversBenjamin Biolay, M, Mickaël Mickey 3D Furnon, Peter Kingsberry ou Matthieu Boogaerts, sans ne générer que sarcasmes et remarques acerbes. On ne peut avoir twisté un été durant et s'en être sorti, sans être digne de respect. On ne rêvait pas que cela soit même possible : Dick Rivers, si.

Aventurier de l'ère moderne

Lorsqu'on est un pionnier, c'est-à-dire lorsqu'on parvient, à grand renfort d'ingéniosité, à se procurer les disques de rock'n'roll distribués au compte-gouttes en France, à fondre à chaque écoute du « Heartbreak Hotel » du Roi Presley et à ne se souhaiter que pelotonné contre un juke-box, ivre de Coca-Cola, on développe assez rapidement la fibre militante et prosélyte.

L'aventure de Dick Rivers au sein des Chats Sauvages (1961-1962) s'explique en effet par cette fascination pour une Amérique inventée et par le profond ennui qui assaille un jeune normalement constitué vivant sur la Côte d'Azur à cette époque-là. Après deux millions de disques vendus et presque autant de disputes, Dick quitte son groupe en pleine tournée, quelque part du côté de Nantes : nous sommes au mois d'août 1962.

Une place au soleil

A l'automne de la même année, « Baby John » (à forte coloration country) est le premier disque à être édité sous son nom (200 000 exemplaires vendus). Il est suivi très rapidement d'adaptations en français de tubes des Beatles. Le Père Noël de 1963 transporte dans son traîneau le premier vrai succès du jeune chanteur en solo, adaptation du « Blue Bayou » de Roy Orbison (sous étiquette « Tu n'es plus là »). C'est au printemps 1964 que sort le premier album de Dick Rivers, entraîné par « Rien que toi », nouveau succès.

En 1965, nouvelle adaptation (« Go Now » des Moody Blues) et nouvelle grimpée du hit-parade de Salut Les Copains, à l'époque seul témoin des triomphes supposés. En novembre de la même année, il partage l'affiche de l'Olympia de Paris avec les Beach Boys. En 1966 naît son fils Pascal, qui, bien plus tard, tournera des clips pour le compte de papa. C'est en 1967 qu'il enregistre le mythique Dick Rivers Story dans les studios de Muscle Shoals (Alabama), en compagnie des meilleurs musiciens américains du moment.

Il tente de négocier le trauma des évènements de mai 68 en faisant appel à Gérard Manset (album L'? et comédie musicale bénéficiant de soixante-douze musiciens) : ce virage déconcerte les fans du canal historique. Une tournée canadienne conforte le chanteur dans l'idée que les Québécois sont de braves gens ; être spectateur d'un concert à l'International Hotel (1969) pour un come-back tout en cuir noir lui confirme qu'Elvis Presley est une star.

Coup de talon au fond de la piscine

Après le passage à vide qui affecte l'ensemble de jeunes chanteurs mis sur le marché en quelques mois durant la période dite yéyé, sans considération d'une quelconque qualité artistique, Dick Rivers se réfugie, justement, dans ses racines, en enregistrant avec l'album Dick'n'Roll (1972), une sélection, en anglais dans le texte, de classiques du genre. Il se tourne ensuite vers quelques compositions originales proposées par un jeune artiste du nom d'Alain Baschung (qui avait encore un C à son nom). Répondant à l'appel du peuple (et de son label), le chanteur édite un second volet au pays de la nostalgie (The Rock Machine, 1974), et, la même année, un tube plaisant, malin, et bien troussé : « Maman n'aime pas ma musique » (Disque d'or). Il tourne ensuite au Canada, en compagnie du groupe Labyrinthe.

En 1976, Dick Rivers découvre la Louisiane, la musique cajun et les haricots rouges. Il enregistre l'album Mississippi River, l'emballe d'une sympathique illustration de Morris, papa de Lucky Luke, et passe à la caisse d'un nouveau hit (« Faire Un Pont »).

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Les dates ...

2011 (31 Octobre)
Sortie de Mister D
2008 (16 Juin)
Sortie de L'Homme Sans Âge
2006
Sortie de Dick Rivers
2002 (Septembre)
Retour à la radio française
1997 (09 Janvier)
Concert à l'Olympia

Vidéo

Dick Rivers - clip vidéo Faire un pont

Faire un pont
Dick Rivers

En concert

Concert Dick Rivers - 17/03/2012,Serignan

Le 17/03/2012
à Serignan

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