LaDonna Adrian Gaines naît le 31 décembre 1948 dans le Dorchester, proche de Boston, et grandit dans une famille nombreuse élevée par des parents très pieuse. Elle fréquente donc assidûment les églises, y donnant également de la voix, mais intègre aussi un groupe de funk, The Crow (« le Corbeau »), nom désignant Donna la seule membre de couleur de l’ensemble.
Elle quitte le foyer familial à 18 ans, tentant sa chance sur les planches de Broadway et passe une audition pour la célèbre comédie musicale
Hair. Recalée, elle retente sa chance quand le spectacle se déplace en Allemagne. Elle tiendra du coup plusieurs rôles dans des versions allemandes de spectacles à succès, notamment
Godspell ou
Show Boat. Elle s’établit alors à Munich et se rapproche de la scène Folk Opera de Vienne et du groupe pop Munich Machine. Elle sort, en 1971, en Europe sa première prestation vocale sur disque,
« Sally Go 'round the Roses », mais les réponses sont décevantes. Qu’à cela ne tienne : elle épouse en 1972 l’acteur autrichien Helmuth Sommer, américanisant son nom pour devenir Summer, et donne naissance à une petite Mimi en
1973, naviguant de studios en théâtres pendant plusieurs années, notamment au sein du groupe pop FamilyTree entre 1974 et 1975.
Une rencontre décisive, un tube décisifAlors qu’elle assure les chœurs pour le groupe
Three Dog Night, elle rencontre les producteurs
Giorgio Moroder et
Pete Bellotte, qui lui permettent de signer un contrat aux Pays-Bas, lui permettant de sortir son premier album
« Lady of the Night ». Le morceau
« The Hostage » connaît une belle carrière en Europe, terminant n°1 des ventes en France et en Belgique et n°2 aux Pays-Bas.
Au cours de l’été 1975,
Donna Summer approche les deux producteurs avec une nouvelle proposition de morceau,
« Love to Love You, Baby ».
Giorgio Moroder brode autour des paroles de la chanteuse, afin d’en tirer un titre disco surfant sur la nouvelle vague musicale. Il se dit qu’elle devrait ajouter des gémissements et autres sons sexuellement explicites mais la chanteuse est plutôt réticente. Elle enregistre à contrecœur une version démo dans l’optique de proposer la chanson à Penny McLean par exemple, car certains passages avaient été improvisés. Mais
Giorgio Moroder est tellement enthousiasmé par les parties orgasmiques qu’il l’incite à sortir sa propre version.
« Love to Love You » arrive en Europe, mais ne rencontre pas la succès attendu.
Par contre, lorsque la version démo atterrit entre les mains du président du label Casablanca
Neil Bogart, il demande au producteur une version allongée de vingt minutes. La nouvelle version renommée
« Love To Love You, Baby » fait 17 minutes et permet à la chanteuse d’être signée sur Casablanca qui sort le single en novembre 1975. Casablanca s’occupera de la distribution des morceaux de la chanteuse sur le territoire américain exclusivement.
La chanson est le premier grand succès de la chanteuse aux Etats-Unis, le titre se classant n°2 du classement des 100 meilleures ventes de singles du Billboard au début
1976. L’album homonyme sort fin 1975 et s’écoule bien vite à 500 000 copies. Mais c’est bien ce premier morceau qui est le catalyseur des ventes, interdit de diffusion sur certaines radios et lui valant le nouveau surnom de « Première
Dame de l’Amour » par la presse musicale.
Au sommet de la crêteDeux albums, qui deviennent l'un et l'autre Disque d'or, suivent :
A Love Trilogy (contenant le single
« Could It Be Magic » ) et
Four Seasons of Love (avec le rythmé
« Spring Affair » ou encore la ballade
« Winter Melody »), premier succès des deux côtes de l’Atlantique. Elle revient en 1977,
I Remember Yesterday, sur lequel le duo Giorgio Moroder/Pete Bellotte mélange des éléments du disco avec des sonorités musicales d’époques diverses. Le morceau censé personnifier le futur,
« I Feel Love », est devenu un classique par son emploi de sonorités électroniques qui contribue à populariser les synthétiseurs dans tous les genres musicaux, la new wave émergente en tête.
Un autre album paraît en 1977,
Once Upon a Time, album-concept mettant en façon de Cendrillon moderne, sous forte influence musicale dance. De nombreux critiques sont virulents à l’époque ; le temps passant, l'album deviendra un des disques incontournables du disco.
Donna Summer joue en 1978 dans le film
Thank God It’s Friday et apparaît également sur la bande originale avec
« Last Dance », qui devient la troisième chanson de la chanteuse à dépasser le million d’exemplaires vendus sur le territoire américain et qui lui vaut d'obtenir son premier Grammy.