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par Benjamin D'Alguerre

Survivant de la période des « yé-yés », le très distingué Monsieur Eddy promène sa bonhomie naturelle et son éternelle banane depuis près d’un demi-siècle dans le paysage musical français. Vénérable papy du rock ’n’ roll, l’ex-Chaussette Noire qui sut faire la jonction entre Belleville et Nashville vit toujours son rêve américain, quelque part sur la route de Memphis.

Authentique titi parigot, Claude Moine voit le jour le 3 juillet 1942 dans le quartier de Belleville. Issu de la classe populaire, le futur Eddy Mitchell se shoote au sirop de la rue, entre la découverte du rock américain qui déferle sur l’hexagone dès les années 1950 la sincère admiration envers ces nouvelles icônes que sont John Wayne, Gary Cooper et Cary Grant dont il suit avec assiduité les aventures dans les cinémas de quartier, aux côtés de son père.

C’était le temps des yé-yés...

Décrochant son certif’ en 1956, Claude Moine entre au Crédit Lyonnais comme coursier. Mais le jeune garçon apprécie la fréquentation du Golf Drouot, la seule boîte de nuit à diffuser massivement du rock ’n’ roll à Paris. C’est au sein de la faune bigarrée de ce dancing que Claude fait la connaissance de Jean-Pierre Chichportich, un guitariste ambitionnant de monter une formation française jouant du rockabilly yéyé. Le timbre de voix grave et la personnalité de « Schmoll », comme le surnomment ses amis, convainquent Chichportich et les autres de le laisser assumer la partie vocale d’ « Eddy Dan et ses Danners », le premier nom du groupe. Moine, qui se fait désormais appeler Eddy, en hommage à l’acteur Eddie Constantine, assure avec une certaine classe et un authentique esprit rock ’n’ roll les reprises des grands standards américains, adaptés dans la langue de Johnny Hallyday pour l’occasion.

Très vite, un autre Eddie, Barclay cette fois, repère la formation naissante et signe leur premier 45-tours, « Tu parles trop ». Originellement partis pour s’appeler les Five Rocks, les cinq musiciens découvrent avec stupéfaction que Barclay a négocié dans leur dos un contrat avec une marque de sous-vétements masculins et que leur nom de scène sera désormais... Les Chaussettes Noires. C’est sous ce nom que le groupe va désormais évoluer et incarner le rock ’n’ roll made in France, sortir tube sur tube et donner de cette mouvance musicale une image de musique violente, tant les concerts des Chaussettes Noires se terminent souvent en batailles rangées entre les fans et la police. En 1962, Eddy Dan qui a changé son pseudonyme en Eddy Mitchell, est appelé sous les drapeaux, ce qui marque la fin du groupe, d’autant qu’à sa sortie de caserne, le chanteur est tenté par une carrière solo. Un premier disque, « Mais reviens-moi », enregistré lors d’une permission, le convainc qu’un avenir en solitaire est possible. Il quitte définitivement les Chaussettes Noires en 1963 : le groupe ne lui survivra pas.

Du Rock n’ Roll au Rhytmn n’ Blues

Un premier album Voici Eddy... C’était le Soldat Mitchell ouvre la voie de la carrière de la carrière de Claude Moine en 63. Humour, voix de crooner, charisme tranquille : Eddy a trouvé son personnage. Loin des yé-yés se contentant de « faire comme les grands » (comprendre : les Américains), Schmoll ne se contente pas d’imiter, mais, au contraire, impose sa patte et sa touche personnelle à ses compositions. Si ses deux albums suivants sont effectivement composés essentiellement de reprises des grands standards d'outre-Atlantique, le musicien se découvre un style tout à fait personnel avec Toute La Ville en Parle... Eddy est Formidable en 1964 et surtout Du Rock n’ Roll au Rhytm n’ Blues en 1965, album qui voit le style de l’artiste évoluer hors du strict cadre « yéyé ».

Incisif, Mitchell commence également à intégrer quelques textes aussi ironiques que désabusés dans ses albums, ce qui le démarque clairement du milieu rock de l’époque. Quelques titres particuliers comme « J’ai oublié de t’oublier »  rencontrent le succès et en font un chanteur clairement à part dans l’offre musicale française. De Londres à Memphis (1967) enregistré en Angleterre et aux Etats-Unis, puis 7 Colts pour Schmoll  (68) et le nostalgique Mitchellville (69) sont autant d’hommages à la terre de naissance du rock’n’ roll, mais aussi des albums bourrés de références cinéphiliques aux westerns que le chanteur apprécie tant. Cependant, avec l’arrivée des années 1970, Rock et Rhytm ’n’ Blues prennent un petit coup de vieux : même s’il se distingue des anciens yé-yés, Eddy Mitchell ne rencontre qu’un succès d’estime et doit compter sur son public fidèle pour remplir les salles.

Il lui faut attendre 1974 et le carton de Rocking in Nashville, sorti opportunément en même temps qu’une anthologie des Chaussettes Noires, pour percer réellement sur la scène française.

Les dates ...

2009 (10 Novembre)
Tournée d'adieux ?

2006 (23 Octobre)
Sortie de l'album Jambalaya

2003 (01 Mai)
Sortie de l'album Frenchy

1996
Concert


Vidéo

Pas de boogie woogie
Eddy Mitchell

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