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par Benjamin D'Alguerre

« Bye Bye Johnny Be Goode », le titre moteur de l’album est autant un hommage qu’un aveu : le rock de papa, c’est terminé et il est temps de passer à autre chose. « Pas de Boogie Woogie » («...avant la prière du soir ») en 1976 fait d’Eddy Mitchell une valeur sûre de la variété rock à la française aux côtés de son vieux compagnon de route Johnny Hallyday. Fait citoyen d’honneur de Nashville, la cité d’origine de la Country, il enregistre l'album Sur La Route De Memphis en 1976 dont le morceau éponyme devient très vite un classique dans l’œuvre du chanteur. Nashville-Memphis, un duo urbain aussitôt évocateur dans l’esprit des fans de rock duquel Eddy Mitchell tire la substantifique moelle pour rendre hommage aux pionniers, Elvis Presley en tête.

La dernière séance

Conscient que l’âge d’or du rock est derrière lui, Eddy Mitchell compose « La Dernière séance » en 1977, qui se veut autant une référence au cinéma hollywoodien qu’à une image de carte postale d’une Amérique fantasmée. Nostalgique, l’album signe en quelque sorte l’épitaphe d’une certaine idée du rock ’n’ roll à l’ancienne. Des références cinéphiliques qui font d’ailleurs lentement évoluer la carrière d’Eddy Mitchell. S’il a occasionnellement tâté de l’acting dans quelques productions cinématographiques du temps des Chaussettes Noires et de ses débuts, l’homme se retrouve de plus en plus sollicité par le cinéma au cours des années 1980 et plus uniquement dans des caméos ou des rôles de rocker de service : Je vais craquer de François Leterrier, A mort l’arbitre de Jean-Pierre Mocky, Frankenstein 90 d’Alain Jessua, Coup de torchon de Bertrand Tavernier ou La Galette du roi de Jean-Michel Ribes sont autant de films dans lesquels Eddy Mitchell promène sa bonhomie et son visage buriné d’ancien crooner.

Par ailleurs, la chaîne FR3 (actuelle France 3) lui propose à partir de 1982 l’animation d’un ciné-club consacré aux productions américaines des années 1950, l’une des rares émissions du service public à proposer des films en V.O. sous-titrée. L’émission, fort opportunément appelée La Dernière séance, permet au public noctambule de découvrir tout un pan du cinéma populaire américain, des meilleurs westerns de John Ford aux pires navets de science-fiction ringarde, jusqu’alors ignoré par les chaînes de télévision. Le show, dont l’éclectisme est parfaitement louable pour le cinéphile rencontre un franc succès et restera à l’antenne pendant près de quinze ans.

En dépit de ses activités d’acteur et de présentateur de télévision, Eddy Mitchell n’en oublie cependant pas sa carrière originelle et, même s’il est moins présent dans les studios d’enregistrement, sort tout de même quelques beaux albums comme Eddy Paris Mitchell en 1986, ou Ici Londres en 89. Alors que « l’autre » grand survivant du rock ’n’ roll hexagonal, Johnny Hallyday, connaît une existence alternant problèmes de couple et ennuis avec le fisc, Schmoll, lui, se contente de traverser l’existence en bon père tranquille, sans faire de vagues.

Monsieur Eddy

Rio Grande, album qui sort en 1993, confirme l’attrait d’Eddy Mitchell pour le rêve américain, quand bien même celui-ci ne serait qu’une vision déformée et hollywoodienne de la société. Car finalement, ce que l’artiste aime vraiment, ce n’est pas tant les Etats-Unis que l’image que le pays projette : celui d’un American Dream associé à l’esprit pionnier, la conquête de l’Ouest et le son des guitares Country, Rock ou Blues. Du Rio Grande à Nashville, en passant par Memphis et la Route 66, l’Amérique d’Eddy Mitchell est une succession de clichés assumés et revendiqués comme tels, ce qui n’empêche pas l’artiste de se produire sur la scène de la fête de l’Huma.

Alternant les prestations au cinéma, on peut le voir en espion de la DGSE dans La Totale de Claude Zidi, en meilleur ami de Michel Serrault dans Le Bonheur est dans le pré d’Etienne Chatilliez (un rôle césarisé en 1995), en projectionniste victime d’un serial-killer dans La Cité de la peur d’Alain Berbérian ou sous son identité propre, le plus souvent en apparition clin d’œil, comme dans Tanguy d’Etienne Chatilliez ou Les Clés de bagnole de Laurent Baffie. Musicalement, Monsieur Eddy s’oriente de plus en plus vers un registre jazzy, ce qui pouvait déjà s’entendre depuis Big Band au Casino de Paris (1995). La Nouvelle Orléans rejoint ainsi Memphis et Nashville dans l’imaginaire artistique du chanteur et c’est en compagnie de jazzmen cajuns que ce enchaîne les tournées au milieu des années 1990.

Les dates ...

2009 (10 Novembre)
Tournée d'adieux ?
2006 (23 Octobre)
Sortie de l'album Jambalaya
2003 (01 Mai)
Sortie de l'album Frenchy
1996
Concert
1994
Tournée thématique

Vidéo

Pas de boogie woogie
Eddy Mitchell

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