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Biographie de Ennio Morricone

Outre le succès, c’est plus exactement de son appétit de travail que le maître doit se remettre. On dénombre en effet pas moins de 26 films mis en musique par ses soins cette année-là !

L’Amérique, c’est d’abord par l’intermédiaire de Clint Eastwood que Morricone y composera pour la musique de Sierra Torride (1970) réalisé par Don Siegel, ami de l’acteur. Le musicien enchaînera ensuite une série de collaborations avec ce que Hollywood peut compter de plus prestigieux tout en continuant de travailler pour la France et surtout de privilégier la production cinématographique italienne alors que les années 80 annoncent le déclin de la mythique Cinecittà. Le musicien romain devient le compositeur de musique de films le plus prolifique au monde et affiche une filmographie exemplaire dont l’énumération des chefs-d’œuvre relève de la gageure. On retiendra son travail pour Terrence Malick et ses Moissons du ciel (1978), la terrifiante partition de The Thing (John Carpenter, 1982) les bouleversants chœurs religieux de Mission de Roland Joffé, (1986) les subtils thèmes des Incorruptibles de Brian De Palma (cinéaste qu’il retrouve pour Outrages, 1989 et Mission to Mars, 2000) sans oublier le Frantic de Polanski.

Mais outre ces musiques sublimes, l’ultime chef-d’œuvre du maître est sans doute le dernier opus de la trilogie pensée par son ami Leone, Il était une fois en Amérique (1984).Pour clore le triptyque —dont le deuxième volet, Il était une fois la Révolution (1971), avait été mis en musique avec une fameuse ballade pour guitare sifflée— Sergio Leone fait naturellement appel à son complice pour illustrer l’amitié de quatre jeune new-yorkais sur fond de prohibition et de gangstérisme. Une fois encore le compositeur touche à la perfection. Le film est devenu un classique et sa musique, indissociable, mêle le lyrisme cher au Maître à la nostalgie de l’enfance, illustrée par un thème pour flûte de pan. Il était une fois en Amérique compte assurément parmi les plus belles partitions réalisées pour le cinéma.

Parfois encore assimilé à un compositeur de musiques de western —elles ne représentent pourtant que «8,5% de sa production musicale» selon les dires de l’intéressé (!)— Morricone n’est en définitive rien d’autre qu’un touche à tout de génie et un compositeur complet. De la musique expérimentale pour films d’épouvante (L’exorciste 2, John Boorman, 1977) à la ritournelle populaire (de la bande originale du film de Giuliano Montaldo Sacco et Vanzetti, (1971) est tirée la chanson à succès interprétée par Joan Baez), jusqu’aux accents ibériques du Attache-moi d’Almodóvar en passant par la musique contemporaine dont il a composé plus de 80 œuvres (Cantate pour l'Europe, Epitaffi sparsi…) Morricone a prouvé en un demi-siècle de carrière que son champ musical s’étendait à l’infini.

Fin 2001, le Maître se produisait dans une série de concerts à travers le monde. Quelques heureux spectateurs auront eu le privilège d’applaudir le Maestro dirigeant plus de deux cents musiciens de l’orchestre symphonique de Rome au cours d’une tournée triomphale. On imagine qu’après une immense carrière passée au service de l’image, et malgré une personnalité souvent présentée comme peu engageante, l’émotion d’un public ne pouvait que lui faire défaut.



Guillaume Andreu

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Les dates ...

1988
Récompense «Nastro d Argento», BAFTA et Grammy Award
1986
Récompense BAFTA et Golden Globe Award

Vidéo

Ennio Morricone - clip vidéo L'uomo Dell'armonica

L'uomo Dell'armonica
Ennio Morricone