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Play the Blues : Live from Jazz at Lincoln Center

Play the Blues : Live from Jazz at Lincoln Center
Eric Clapton

Rhino
Album live
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Chronique de Play the Blues : Live from Jazz at Lincoln Center

Les apprentis musiciens devraient fuir ce genre de disque, surtout quand on apprend que trois jours de répétition ont suffi pour qu’une dizaine d’artistes, tout compte fait peu familiers avec un jazz séminal (et dont Louis Armstrong reste l’absolu monarque), et le blues tel qu’on pouvait l’entendre dans quelques sombres bouges de l’immédiate avant-guerre, produisent pareille bénédiction.

Outre les deux initiateurs de l’entreprise, le contrebassiste Carlos Henriquez, le batteur Al Jackson, une section de cuivres exubérante menée par le clarinettiste Victor Goines, et quelques autres se sont donc mêlés à cette rencontre festive au Lincoln Center (Wynton Marsalis est le directeur artistique de l’endroit), pour le bonheur d’un public se pressant à l’occasion de trois dates, dont cet enregistrement offre la quintessence.

Les dix pièces ratissent donc avec gourmandise le terroir d’une tradition qui conduit du delta du Mississippi à La Nouvelle-Orléans, en passant par une pincée de racines caraïbéennes. Devant nos oreilles émerveillées défilent alors le blues sudiste de « Joe Turner ‘s Blues », le parfum d’un boogie-woogie sans arrière-pensée, et la musique à quatre temps nourrie d’influences européennes, comme on pouvait la goûter il y a plusieurs décennies dans le Quartier français.

Clapton, dont on connaît la passion nourricière pour le blues électrique de Chicago, se montre ici d’une austérité, et d’une discrétion exemplaire : les fans en seront peut-être meurtris, mais c’est la loi du genre. Un hommage signalé lui est toutefois rendu par l’ensemble de l’orchestre avec une version de son standard « Layla » (le guitariste a sélectionné l’ensemble du répertoire, à l’exception de cette chanson de l’ère Derek & The Dominos, souhaitée par Henriquez), dans une interprétation suffisamment iconoclaste pour en devenir séductrice. Et Taj Mahal, chargé sur scène d’assurer la première partie de ces soirées, rejoint avec sa grâce coutumière l’ensemble en fin de set, pour l’interprétation bouleversante de deux nouveaux standards, « Just A Closer Walk With Thee » et l’immarcescible «Corinne, Corinna ».

Interprètes talentueux, répertoire immortel, et circonstances dénuées de toutes pressions, fors le plaisir et le sens de l’histoire : finalement, ce n’est pas si compliqué que cela, d’enregistrer un grand disque.

Christian Larrède



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