When Everyone Has Gone
Il n’est que consulter la liste des claviers utilisés ici par le Suédois (du piano acoustique au Roland, en passant par l’Oberheim et le Fender Rhodes) pour comprendre que le pianiste n’a pas souhaité se cantonner à une configuration classique. Ce qui, dans un contexte d’héritage revendiqué, où planent les ombres portées de Chick Corea et Keith Jarrett et d’une concurrence contemporaine, où, déjà à l’époque de sortie de cet album, règne, avec gourmandise, Brad Mehldau, vaut nettement mieux.
Mais les audaces, le sens de l’ouverture, restent toutefois limités : si les trois jeunes musiciens pratiquent en effet un jazz avec de gros bouts de pop dedans (après tout, on est au royaume d’ABBA), on reste cantonné dans une orthodoxie, rafraîchie, certes, mais balisée. La seule reprise du programme (« Stella By Starlight » de Ned Washington et Victor Young) reçoit un traitement post-bop respectueux, que n’aurait pas renié le maître Bill Evans.
Certes, on s’ouvre, ici ou là, aux influences de l’Orient (« Mohamed Goes to New York ») ou à un funk assagi. Mais ce qui prédomine reste bien évidemment la profonde mélancolie du leader, déclinée sur un mode impressionniste. Les trois jeunes hommes venus du froid pratiquent avec talent l’introspection, et ceci explique sans nul doute cela. Mention spéciale à la déchirante « Walt for the Lonely Ones » et, plus généralement, au sens de l’improvisation collective du trio.
Christian Larrède
Titres de When Everyone Has Gone
1
When Everyone Has Gone
00:06:43
4
Stella by Starlight
00:08:26
6
Mohammed Goes to New York, Part 1
00:04:14
7
Mohammed Goes to New York, Part 2
00:05:41
8
Waltz for the Lonely Ones
00:03:58
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Les éditions de When Everyone Has Gone
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| 1995 |
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Dragon |
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