Le point de départ de
Mon Ballon Rouge est le film homonyme d'Albert Lamorrisse, réalisé en 1956, auquel répond cet album aux mêmes couleurs enfantines et irréelles.
Mise en son par
Claude Salmiéri à la programmation, aux claviers et à la batterie, ce deuxième album d'Eva Marchal tisse un univers onirique téléporté par le joli grain frêle et mutin de la chanteuse. En équivalent francophone d'Alison
Goldfrapp ou
Beth Gibbons,
Eva Marchal livre ses espoirs mais plus souvent ses déceptions amoureuses (
« Si »), la perte d'une innocence (
« Mon ballon rouge »), sur un tapis instrumental ouaté dont elle épouse les contours avec délicatesse. A certains moments, la troublante affinité semble un hommage au meilleur
Portishead (
« I Can »).
Les chansons relevées d'une guitare, de violons ou d'une trompette facétieuse (
« Petit ange Gabriel ») sont comme autant de vignettes kaléidoscopiques enveloppées dans une suite homogène s'écoutant d'un bout à l'autre. La musique coule de source, elle n'en est pas moins le résultat d'un bel effort.
Loïc Picaud