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Biographie de Fela Kuti



L'exil de Fela

Alors que la répression au Nigeria fait rage avec l’arrivée au pouvoir du général Murtala Muhammad puis celle du général Obasanjo (qui interdit toute activité politique), l’opposant Fela continue de tracer un style musical qui lui est propre, original et inventif. Sa formation constituée d’une douzaine de musiciens repose sur le solide batteur Tony Allen et les constructions libres du saxophoniste dont l’œuvre commence à franchir le continent européen. Il publie une série de disques qui font date dans l’histoire de la musique africaine : Black Man’s Cry - Open & Close (1975), et Zombie (1977) – considéré par certains spécialistes comme son œuvre-maîtresse. Le 18 février 1977, le territoire de Kalakuta est pris d’assaut par un millier de soldats qui pillent, violent et incendient la communauté : Fummilayo Anikulapo Kuti, la mère de Fela, est gravement blessée (une agression dont elle ne se remettra pas jusqu’à sa mort en novembre 1979), et le musicien est envoyé en prison avant d’être jugé de façon sommaire.

En hommage à sa mère, Fela change son nom de Ransome en Anikulapo Kuti et publie l’album Coffin For Head Of State (1979). Il décide alors de quitter le Nigeria pour les Etats-Unis où il enregistre un bel album avec le vibraphoniste Roy Ayers, 2000 Blacks Got To Be Free (1980), puis s’installe en France qu’il considère comme sa terre d’accueil. Obtenant un contrat de la part du label Barclay, Fela Kuti y publie Africa, Center Of The World (1981) avec son fils Femi, également saxophoniste. Puis signe pour Arista les disques Black President (avec « I.T.T. – International Thief Thief ») et Original Sufferhead, en 1981. Power Show, sorti la même année, est le dernier disque de cette série. Malgré un grand concert au Festival du Jazz de La Villette à Paris, Fela ne trouve pas d’autre label susceptible de publier ses disques, notamment le furieux morceau « Army Arrangement ».

Fin 1984, Fela est de retour à Lagos. Le 8 septembre, il est arrêté par la police pour un motif illusoire (trafic de devises) et se retrouve de nouveau en prison. Il n’en sort qu’un an après, le 25 septembre 1985, grâce à l’intervention d’Amnesty International et une campagne pour sa libération. Tandis que les messages de soutien affluent, l’opinion publique rend hommage à ce héros. Fela, plus confiant et fort que jamais, multiplie la parole, détaillant les souffrances dont il a été la cible au cours de la décennie précédente, mais délivrant aussi des cours sur la richesse de la culture africaine et de sa profitable mixité avec le monde extérieur. Sa musique commence à être reconnue à sa juste valeur aux Etats-Unis et en Europe où il est considéré le musicien africain le plus important du siècle, l’équivalent de Bob Marley pour son continent.

Epilogue

Dans la deuxième moitié des années 1980, Fela ne cesse d’enregistrer des disques toujours mieux accueillis par la critique, notamment le double album Teacher Don’t Teach Me Nonsense (1986), Black Man’s Cry (1988), Beast Of Nation (1989), et Just Like That (1990) avec sa nouvelle entité Egypt 80. En 1990, le label Just’In publie un coffret-hommage de trois CD regroupant des faces essentielles de son œuvre, ainsi que l’album CBB (Confusion Break Bones).

Underground System (1993) est le dernier album original publié du vivant de Fela. En effet, le musicien est une nouvelle fois emprisonné pour détention de drogue en 1996. Malade du Sida, refusant tout soin, Fela connaît la libération quelques semaines avant de mourir, le 2 août 1997, les autorités ne voulant pas en faire un martyr. Son fils Femi Kuti a depuis pris le relais musical avec son groupe, dans un style plus sobre que son mythique père, suivi par Seun Kuti, révélation de l'année 2008.



Nikita Malliarakis

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Les dates ...

2009 (10 Décembre)
Tournage d'un film sur Fela Kuti
1997 (02 Aout)
Décès de Fela Kuti

Vidéo

Fela Kuti - clip vidéo Beast of No Nation

Beast of No Nation
Fela Kuti