C’est sur un
« Angel Echoes » quasiment hypnotisant, aux samples extrêmement travaillés et à la sensuelle sensibilité, que s’ouvre le cinquième album de Four Tet :
There is Love in You. Kieran Hebden est seul aux commandes de ce projet solo qui n’a jamais renoncé à son exigence depuis ses débuts à la fin des années 1990. Et surtout pas sur ce disque presque manipulateur tant il est bien fait : composition, construction et production impeccable. Le tout prouvant que la musique électronique a encore de très beaux jours devant elle.
Si
There is Love in You est le fruit d’un travail exclusivement sur ordinateur, la force des sentiments qu’il dégage n’en est pas moins palpable. Les neuf minutes de
« Love Cry » en attestent : l’amour est là. La tristesse aussi – et le rythme avant tout pour ces messieurs-dames se déhanchant sur la piste de danse. Accents tribaux, petites touches synthétiques, flirt poussé avec le jazz et chant volontairement lancinant (un « let cry » répété à l’infini) font de ce morceau un pilier de cet album qui n’accuse, cependant, aucune faiblesse.
« Sing »,
« She Just Like to Fight » ou
« Plastic People » obéissent aux mêmes codes, et savent mêler des sonorités très festives, voire ludiques, avec des mélodies volontiers contemplatives. Il faut enfin relever la présence du superbe
« Circling », ritournelle électronique se réclamant de la musique répétitive américaine autant de la minimale allemande.
Comme son titre l’indique,
There is Love in You est empreint, du début à la fin, d’amour. Pas n’importe lequel : outre d’exprimer son expérience sentimentale personnelle, Kieran Hebden déclare ici sa flamme à ses auditeurs. Ces derniers méritent le meilleur, et ce sans aucune concession, ni facilité. Sans être facile,
There is Love in You est évident d’harmonie et de fluidité, révélant l’imposant talent d’un
Four Tet qui ne fait pas les choses à moitié.
Sophie Rosemont