La première « idole pop »Francis Albert Sinatra est né le 12 décembre 1915 à Hoboken dans le New Jersey aux Etats-Unis.
Fou de musique populaire, il collectionne les 78-tours et chante à toute occasion car il est doté d’un joli organe vocal. Il traverse l’Hudson et écume les bars où l’on peut chanter, ou visite les stations de radio où il peut chanter en direct.
Déjà engagé depuis août 1937 comme serveur chantant au Rustic Cabin d’Englewood Cliffs, il se produit le plus souvent possible à la radio. C’est en l’y écoutant sur la station New-Yorkaise WNEW que l’ex-trompettiste de l’orchestre de
Benny Goodman,
Harry James, le remarque et l’engage en juin 1939 dans son orchestre.
Sinatra tourne dans tout le pays et devient l’attraction de l’orchestre; enregistré le 31 août 1939,
« All Or Nothing At All » est un succès local, mais, réédité quatre ans plus tard, la chanson sera un hit national. Six mois après ses débuts dans l’orchestre, il quitte
Harry James pour l’orchestre concurrent et plus renommé du tromboniste
Tommy Dorsey.
Classes chez Tommy DorseyFrank Sinatra devient le chanteur le plus populaire du pays au sein de l’orchestre de Dorsey, dont il est l’attraction principale, surnommé « The Voice ». Bref, il est la première « idole pop ». Il débute aussi en 1941 une longue série de comédies musicales à Hollywood avec
Las Vegas Nights puis
Ship Ahoy (
Croisière mouvementée en français) en 42.
Sinatra en soloEn décembre 1942, son engagement pour huit semaines au Paramount à New York voit la consécration de son ambition personnelle. Ses cachets le rendent le chanteur le mieux payé d’Amérique, supplantant ainsi son idole et seul rival,
Bing Crosby.
Le 5 mai 1951 est diffusé son premier show TV sur la chaîne CBS :
When You Are Smiling. Enfin, en 1953 il obtient l’un des huit Oscars du film pour le personnage de Maggio dans
Tant qu’il y aura des hommes, son premier rôle non chanté.
Décadence et grandeurFrank Sinatra est lassé de sa collaboration avec Columbia qui lui impose son producteur attitré,
Mitch Miller, lequel veut l’entraîner vers un répertoire plutôt comique qui ne lui convient pas du tout.
A 37 ans,
Frank Sinatra Capitol, avec plus de contrôle artistique sur ses productions. Sept ans de collaboration avec Capitol donnent près de 300 chansons et une vingtaine d’albums où se côtoient le meilleur du Swing des années 50, et ses plus belles ballades romantiques.
Au printemps 1955,
« Learning the Blues » est n°1. L’année suivante il publie
Songs For Swingin’ Lovers ! (n°2) qui contient le fameux
«I’ve Got You Under My Skin ». Cette période mythique est aussi ponctuée par les albums
A Swingin’ Affair ! (1957),
Come Fly With Me (1958),
Frank Sinatra Sings For Only The Lonely (n°1 en 58),
Come Dance With Me ! (Grammy pour l’album de l’année et n°2 en 1959),
No One Cares six mois plus tard n°2 lui aussi, ou
Nice ‘n’ Easy n°1 en août 1960, arrangé par
Nelson Riddle.
Reprise et Rat PackFort de sa popularité et de ses revenus conséquents,
Frank Sinatra fonde son propre label, Reprise, en 1961, distribué par Warner. A part
« Softly, As I Leave You » en 1964, ses premiers choix de 45-tours sont très décevants. Heureusement, les albums qu’il devait encore à Capitol (
Come Swing With Me ! en 61 et
Point Of No Return en 62), et ses premiers pour Reprise,
Ring-A-Ding Ding !,
Sinatra Swings ou
I Remember Tommy sont des succès.
Démocrate lié avec le clan
Kennedy, il soutient sa campagne et organise le gala d’inauguration du nouveau Président en juillet 1960. En 1960, sur le tournage du film de Lewis Milestone
Ocean Eleven (
L’inconnu de Las Vegas) à Las Vegas, Sinatra,
Dean Martin,
Sammy Davis Jr., Peter Lawford et Joey Bishop qui font partie de la distribution, organisent des soirées chantantes et déconnantes impromptues, pour le plus grand plaisir de l’équipe et de quelques amis. Le « Rat Pack » de
Humphrey Bogart revit.
Ils récidivent plusieurs fois, notamment dans l’antre de Sinatra, l’hôtel casino Le Sands à Las Vegas, dans la fameuse « Copa Room », du 6 au 8 septembre 1963, ou au Kiel Opera House à Saint Louis, le 20 juin 1965.
Etrangers dans la nuitEn janvier 1963 sort l’épatante première de ses trois collaborations avec
Count Basie et son orchestre swing. Le chef d’œuvre
Sinatra at the Sands, arrangé et dirigé par
Quincy Jones sort en 1966.