Né le 8 décembre 1947, Gérard
Blanc connaît une enfance placée sous le signe du rock'n’roll.
Ray Charles,
Chuck Berry,
The Platters... marquent définitivement l’environnement sonore d’un jeune homme qui commence à « gratter » sur une guitare fabriquée maison avant que sa famille ne se décide à lui en offrir une vraie. La découverte du
« Rock Around The Clock » de
Bill Haley et du
« Tutti Frutti » de
Little Richard le poussent à monter un premier groupe adolescent qui répète en cachette dans une arrière-salle de son collège.
Avec les années 1960, l’Hexagone reçoit de plein fouet la vague rock’n’roll venue du monde anglo-saxon.
Elvis Presley, bien sûr, mais aussi les Beatles ou les Rolling Stones deviennent les idoles d’une génération. Génération à laquelle appartient bien entendu Gérard
Blanc. Cependant, s’il adhère totalement à ce nouveau son venu d’Amérique, le jeune homme n’en garde pas moins une certaine tendresse pour la puissance des voix des crooners, et notamment des chanteurs noirs, qu’ils soient américains comme
Ray Charles et
Sammy Davis Jr., ou français comme
Henri Salvador.
Les WindingsLe groupe de Gérard
Blanc, que nul alors n’a encore songé à baptiser, connaît ses premiers petits succès et participe à l’un des célèbres concours organisés par le Golf Drouot. Le groupe anonyme, devenu « les Windings » en quatrième vitesse juste avant de se produire sur scène, ne remporte pas la compétition, mais obtient un petit succès qui amène la direction du célèbre club parisien à les rappeler à de nombreuses reprises pour animer des soirées rock ‘n’ roll. Alors qu’approchent les années 1970 et leur cortège de moustaches fournies et de tignasses fleuries, les Windings, qui évoluent encore dans un registre très rock, décrochent un contrat de trois mois au Sénégal et se produisent dans un club de Dakar. Le Sénégal : un pays que
Blanc n’oubliera pas de si tôt , d’autant qu’avec cette expérience professionnelle, les Windings commencent à espérer une vraie carrière.
Troquant leurs reprises des standards du rock anglo-saxon contre des compositions personnelles, les Windings deviennent Balthazar et enregistrent quelques titres qui sortent au format 45 tours. Cependant, le ton monte entre les membres du groupe qui se délite au gré des dissensions et des départs. Dans le même temps, Gérard
Blanc ambitionne une carrière d’acteur et participe à quelques castings. On le retrouve ainsi donnant la réplique à Jean-Claude Drouot dans un épisode de
Thierry la fronde.
Et que vive le cirque !Mais
Blanc se lasse des querelles incessantes qui minent son groupe et il quitte Balthazar en 1969 pour rejoindre une autre formation qui vient de perdre son chanteur :
Martin Circus. Evoluant tout d’abord dans un registre classique de pop-rock à l’anglo-saxonne, les
Martin Circus se voient proposer par leur manager,
Ticky Holgado, l’enregistrement d’un morceau plus léger,
« J’m’éclate au Sénégal » en 1971. Succès colossal, le disque s’écoule à près de 800 000 exemplaires et propulse les
Martin Circus en tête des hits parades, modifiant au passage le style du groupe qui, de formation pop, évolue vers un groupe fantaisiste de chanson d’humour.
La même année, à la demande du réalisateur Claude Zidi, ils participent, en guise de guests-stars, au film
Les Bidasses en folie mettant en scène un autre groupe de chanteurs-humoristes :
Les Charlots. Tentant de surfer sur le même créneau que leurs collègues, les
Martin Circus participent au projet
Les bidasses en vadrouille quelques années plus tard, mais le résultat est mitigé, le public étant alors saturé de comédies faciles et lourdingues mettant en scène de jeunes appelés du contingent réfractaires à l’autorité militaire.
Ma-ma-ma Ma-ma-MarylèneS’ils ne percent pas au cinéma, les
Martin Circus ont cependant la chance de rester les rois de la scène avec
La révolution française, un opéra pop, relecture colorée, psychédélique et moustachue des événements de 1789.