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Biographie de Gilbert Bécaud

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L'une de ses chansons, « Âge tendre et tête de bois », donne son titre à l'émission-phare du jeune public. Nouveaux tubes en 1964 avec « Nathalie », puis en 1965 avec « Quand il est mort le poète », hommage à Jean Cocteau. Certaines chansons de Gilbert Bécaud sont reprises par des artistes anglo-saxons : « Et Maintenant » devient « What Now My Love » et « Je t'appartiens », « Let It Be Me », deux succès qui font le tour du monde via de nombreux interprètes de prestige (James Brown, Nina SimoneBob Dylan...). En 1967, c'est un nouveau tube avec « L'Important c'est la rose » ; en 1970, « La Solitude ça n'existe pas ».

Les années 1970 voient simultanément une sorte d'apogée de la carrière de Bécaud, et le début d'un certain déclin. Il publie en 1972 une intégrale en six triples albums, retâte du cinéma sous la direction de Claude Lelouch. Mais son rythme effréné de travail et ses habitudes de gros fumeur commencent à l'user physiquement ; sa voix s'en ressent. Si son public lui demeure très fidèle, il ne se renouvelle pas suffisamment. Mais en 1974, Bécaud se voit décerner le grade de Chevalier de la Légion d'Honneur. La décoration lui est remise le 14 janvier, sur la scène de l'Olympia.

Gilbert Bécaud continue les tournées internationales, fonctionnant magnifiquement comme une mécanique bien rodée, mais sans parvenir à toucher les jeunes générations. En 1979, il prend du champ, pour réapparaître l'année suivante avec un nouvel album et une tournée (l'Olympia, encore, durant cinq semaines). En 1983, il interprète « Mustapha Dupont », chanson consacrée à l'immigration : « Et moi au milieu / Qui ne sais pas très bien / Où sont enterrés mes aïeux / Et moi au milieu / Mon sang est-il rouge / Ou blanc ou bleu / P' t' êt' les trois, Mustapha ». Mais son projet suivant, la comédie musicale Madame Roza, inspirée du roman d'Emile Ajar (Romain Gary) La Vie devant soi, connaîtra quelques vicissitudes : créée à Baltimore et jouée avec succès aux Etats-Unis en 1986, elle reste inédite en France. Bécaud n'est pas prophète en son pays, alors rétif aux comédies musicales.

Revenu en France, Bécaud interprète en 1988 son vingt-deuxième spectacle à l'Olympia, qu'il occupe avec la même régularité que Jacques Anquetil gagnant le Tour de France. Mais trois ans plus tard, déprimé par les décès de sa mère et de son collègue Yves Montand, il annonce son intention d'abandonner la scène. Pourtant, il retrouve le chemin des studios d'enregistrement dès l'année suivante. Mais Bécaud n'a plus le même contact avec le public : il devient de bon ton, dans certains médias branchés, de conspuer ce « chanteur de vieux », trop propre, trop parfait techniquement, sans caractère de révolté pouvant lui apporter l'onction des intellectuels ou la sanctification d'un Léo Ferré. On commence à le caricaturer en dentier sur pattes.

De 1992 à 1996, fatigué, il prend à nouveau du champ. Le tabac le ronge. Remonté en selle, il sort un nouvel album, Ensemble, puis fête ses 70 ans lors de son trentième Olympia (novembre 1997) : démolie puis reconstruite, la célèbre salle fête ainsi sa réouverture avec une nouvelle prestation de son chanteur emblématique. Vigueur physique retrouvée, Bécaud étonne lors de ses prestations télévisées par une énergie toujours communicative. Nouvelle tournée en 1998, nouvel album en 1999, Faut Faire Avec : grâce à de nouveaux auteurs et collaborateurs (Alain Manoukian, Luc Plamondon...), Bécaud tente de s'arracher à son image engoncée dans le passé, grâce à un disque résolument tourné vers la nouveauté.

En novembre 1999, malgré le cancer du poumon qui le ronge, et soutenu par l'affection de son public, il trouve l'énergie de remonter sur la scène de l'Olympia pour la trente-troisième fois. La maladie finit par le rattraper et il s'éteint le 18 décembre 2001, à bord de sa péniche. Un grand quotidien français ne consacrera qu'un bref article condescendant à ce chanteur « ringard » depuis quarante ans. Depuis, et malgré la sortie en 2002 d'un album posthume, le souvenir de Gilbert Bécaud semble estompé par une amnésie sélective des médias. Peu d'hommages, peu de rétrospectives pour celui qui fut pourtant, pendant cinquante ans, l'un des interprètes les plus énergiques et magistraux de la chanson française et sut, avant le changement des modes, conquérir un public aussi divers qu'enthousiaste. C'est à ce même public qu'il appartient désormais de redécouvrir Gilbert Bécaud, artiste complet qui ne vécut que pour le plaisir des foules.

Benjamin D'Alguerre

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Les dates ...

2001 (18 Décembre)
Décès de Gilbert Bécaud
1999
Sortie de Faut faire avec

Vidéo

Gilbert Bécaud - clip vidéo Et maintenant

Et maintenant
Gilbert Bécaud