N’est
pas
Neil Young qui veut. Cependant, l’histoire du folk et du rock
est parfois jalonnée de bonnes surprises. C’est le cas de Great
Lake Swimmers, groupe (canadien justement) qui depuis son premier
album homonyme en 2005 est parvenu à séduire la critique, puis le
public.
Sur
ce Lost
Channels
(qui fait référence à ce mince passage du fleuve Saint-Laurent
entre le Canada et les Etats-Unis), le groupe de
Tony Dekker reprend
les choses là où il les avait laissées sur Ongiara,
précédent album paru en 2007. La qualité d’écriture, la
subtilité des arrangements du disque confirment ce que l’on
soupçonnait déjà grâce aux trois disques déjà parus :
Great Lake Swimmers est sans nul doute un grand groupe de folk rock.
Du single « Pulling
on a Line »,
qu’on écouterait bien seul en traversant le Saint-Laurent, au
banjo et au violon déjanté de « The
Chorus in the Underground »,
en passant par les ballades poignantes que sont « Everything
is Moving So Fast » ou
« Powderfinger »,
Great Lake Swimmers propose un disque hors du temps, comme une faille
spatio-temporelle creusée entre le folk du Loner et le rock
lancinant de ses Crazy Horse… N’est pas
Neil Young qui veut, mais
l’humilité et la maîtrise de ses
Great Lake Swimmers donne tout
simplement envie de plonger corps et âme dans ce disque. Un album
sobre, touchant et élégant.
Arnaud De Vaubicourt