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par Benjamin D'Alguerre

L’histoire de Jamiroquai débute en Grande-Bretagne avec Jason Kay, chanteur amateur de soul music, de jazz et de funk. Ayant évolué en solo ou au sein de quelques formations amateurs, Jason – Jay – Kay se fait tout d’abord remarquer lors d’un casting en vue de trouver un chanteur au groupe Brand New Heavies au milieu des années 80.

La production lui ayant préféré Jan Kincaid, bien qu’elle ait été favorablement marquée par ses prestations vocales, Jay Kay décide de voler de ses propres ailes et, rassemblant quelques musiciens autour de lui, lance sa propre formation. Mot-valise bâti sur « Jazz » et « Iroquai » (Iroquois), Jamiroquai sera le nom finalement retenu pour baptiser la bande.

Après quelques années de galère, de concerts confidentiels et d’animation de piano-bars peu remarquées, le groupe réussit à convaincre un exécutif du label Acid Jazz de signer leur premier single, « When You Gonna Learn ? » en 1992. Bingo ! La sauce avec le public prend, et Jamiroquai attire l’attention des majors et notamment de Sony qui, anticipant l’énorme potentiel du groupe, signe avec Jay Kay et ses musiciens pour 8 albums !

En Juin 1993, surfant (ou plutôt, skatant) sur l’énorme succès de « When You Gonna Learn ? », sort l’album Emergency On Planet Earth (Urgence sur la planète Terre). Dès ce premier album, Jay Kay donne à son groupe l’image définitive de Jamiroquai : un chanteur à la tête engoncée dans une coiffe rigolote (chapeau de Grand Sachem Indien, bonnet péruvien, toque en fourrure de taille démesurée...), des musiciens effacés derrière le boss, des messages gentiment écolos et des chorégraphies inspirées de mouvement de skaters.

Énorme carton pour cet album qui caracole en tête des charts et qui voit son succès premier entériné par celui de l’opus suivant The Return Of The Space Cowboy en 1994. Le clip du titre « Space Cowboy » tourne sur toutes les chaînes musicales façon MTV et Jamiroquai devient une référence majeure pour la jeunesse anglo-saxonne et européenne, créant au passage un certain malaise, car la promo, les visuels et les clips de la bande mettent clairement  Jay en avant, à tel point que, dans l’esprit du public, Jamiroquai est uniquement le pseudonyme du chanteur et que les musiciens qui jouent derrière... et bien, qui s’en soucie ?  L’attitude de Jay Kay est, à cet égard, extrêmement ambiguë. Car s’il ne nie pas que Jamiroquai est avant tout un collectif, il n’insiste pas trop non plus sur ce détail, créant quelques ressentiments au sein de la formation.

Stakhanoviste de la composition (grâce, entre autres, au contrat léonin qui le lie à Sony), Jamiroquai sort en 1996 l’album qui fera du groupe une formation de niveau international : Travelling Without Moving, dont les deux titres principaux « Cosmic Girl » et « Virtual Insanity » se classent au somment des hit-parades européens, américains et nippons. Mais, en dépit des prix, des récompenses et du succès, cet album au son funk-pop sera le dernier du groupe d’origine. En effet, lassés de la starification du lead vocal, plusieurs membres claquent la porte, dont le bassiste Stuart Zender.

Peu importe, de nouveaux musiciens viennent remplacer les absents au pied levé, même si pour des raisons de droits d’auteurs plusieurs morceaux du quatrième album, initialement composés avec Zender, seront mis de côté au profit des créations originales de Kay. Un Kay qui, en dépit de son attitude d’éco-guerrier gentillet, commence également à faire parler de lui dans d’autres colonnes médiatiques que celles consacrées aux critiques musicales.

Son train de vie fastueux surprend ses fans et sa passion pour les grosses voitures de luxe qui font « vroum-vroum » en brûlant d’énormes quantités d’essence au passage, décrédibilisent son message écolo. L’homme a beau militer au sein de Greenpeace et associer son image à plusieurs campagnes médiatiques pour le tri sélectif, cette attitude de « Faites ce que je dis, pas ce que je fais », en agace plus d’un et lui vaudra quelques remarques goguenardes de la part de confrères musiciens.

Le quatrième album de Jamiroquai, Synkronised sort en 1999 et, même s’il s’écoule très bien, n’égale pas le succès de Travelling Without Moving, Bien que le funk demeure la base de travail du groupe, Jay, qui a senti la tendance a venir, inclus plusieurs morceaux pop, disco et électro dans les dernières compositions de Jamiroquai.

Les dates ...

2005
Retraite annoncée
1996
Sortie de Travelling Without Moving
1994
Sortie de The Return Of Space Cowboy
1993
Sortie de Emergency On Planet Earth
1992
Succès « When You Gonna Learn ? »

Vidéo

Virtual Insanity
Jamiroquai