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par Jean-Noël Ogouz

Cette formation anglaise originaire de Manchester fit partie de la première invasion britannique de groupes aux Etats-Unis, où ses disques sortaient avant ceux de leur pays natal et où ils ont obtenu un succès plus important. Elle présentait bien, bon chic bon genre, légèrement farfelue et ses membres, qui n’écrivaient pas, se contentaient de reprendre quelques classiques ou de commissionner des auteurs professionnels. Ce fût le cas pour leurs hits les plus célèbres, « I'm Into Something Good » en 1964, « Silhouettes », « I'm Henry The Eighth » en 1965, et bien sûr « No Milk Today » l’année suivante. Après une autre série de hits jusqu’en 1969, le groupe s’est séparé en 1971, son chanteur Peter Noone, devenue une figure de la jet set pop anglaise, entamant une carrière solo, laissant un avatar poursuivre une aventure bien discrète, toujours en activité aujourd’hui avec un seul membre fondateur.

Mickie Most

Né à Manchester le 5 novembre 1941 d’un père musicien qui l’envoie dans une école de musique et d’art dramatique, Peter Blair Denis Bernard Noone se dirige vers la carrière de comédien, puis rejoint un groupe beat local, les Heartbeats : Keith Hopwood et Derek « Lek » Leckenby (guitares & chant),, Karl Green (basse & chant) et le batteur Barry Whitwam. Utilisant le nom de guerre Peter Kovak, le blondinet Noone change le patronyme du groupe en Herman’s Hermits, d’après le personnage Sherman d’un show TV basé sur le dessin animé américain Rocky & Bullwinkle, très regardé en 1961, et d’une rime avec Herman l’ermite. Le public confond vite Peter Noone avec Herman. A ses débuts le groupe fait partie de l’écurie de la seule agence de Manchester, Kennedy Street Enterprises, et en comme son look ressemble à celui de Cliff Richard et ses Shadows, les garçons se disent « pourquoi pas nous ? » et vont tenter leur chance à Londres, encouragés par les groupes voisins de Liverpool, au cœur du « Merseybeat ». En 1962 leur agent publicitaire est Andrew Loog Oldham le manager et producteur des Rolling Stones, qui décrit Peter Noone comme un beau garçon nerveux et plein de fraîcheur juvénile, au tempérament de gagneur et déjà très professionnel. Signé sur le label Columbia, sous marque anglaise d’EMI, avec le producteur Mickie Most qui transforme en or tout ce qu’il touche, Herman’s Hermits connaît un succès immédiat, sans que ses musiciens écrivent un seul morceau ! (ou presque). En effet, Most choisit judicieusement les reprises ; celle de Carole King et Gerry Goffin « I’ m Into Something Good » (l’histoire d’un garçon qui a des vues sur sa voisine et qui pense pouvoir conclure bientôt…) reste n°1 deux semaines en Grande Bretagne en septembre 1964.

Succès américain


Ce groupe beat si bien présentable est « tous publics » et connaît un tel succès immédiat que l’expression « hermania » (cf. Beatlemania) est lancée, tant ses ventes sont supérieures un moment à celles des Beatles. L’entourage en profite pour exploiter cette image aux Etats-Unis où Herman’s Hermits obtient plus de succès commerciaux que dans son pays natal ! A tel point que lorsque y est publié son premier album en septembre 1965, Herman’s Hermits, leur compagnie américaine (MGM) en a déjà sorti deux ! Il place deux ou trois titres dans le top 20 aux Etats-Unis toute l’année 1965, et, en l’espace de deux ans et demi, place onze titres dans les dix premiers. « J’ai obtenu trente cinq tubes avec eux, dix n°1 aux Etats-Unis et vendu près de cent millions de disques » (Mickie Most –en fait, 75 millions…-). Lors de sa première visite aux Etats-Unis début 1965, alors que « Can’t You Hear My Heart Beat » y est n°2 (et n°22 en France en avril), que sa reprise des Rays (1957) « Silhouettes » est n°3 en Angleterre et n°5 localement, le groupe en profite pour apparaître dans le film When The Boys Meet The Girls, et enchaîne reprises et hits : « Wonderful World » de Sam Cooke, et surtout « Mrs. Brown You've Got A Lovely Daughter », tiré du premier album américain, n°1 le 1er mai avant d’en être délogé trois semaines plus tard par le « Ticket To Ride » des Beatles. Ecrit en 1911, sa reprise du comique « I’m Henry The VIII, I Am » déloge lui de la première place « (I Can’t Get No) Satisfaction » des Rolling Stones le 7 août suivant. C’est dire si Herman’s Hermits joue dans la cour des grands.

Pas de lait aujourd’hui

Après une chanson écrite par le tandem P.F. Sloan/Steve Barri « A Must To Avoid » qui est un nouveau hit début 1966, suit une composition du futur 10CC Graham Gouldman, « Listen People » (extraite de la b.o. du film When The Boys Meet The Girls). Le succès des cinq gamins semble décliner jusqu’à ce que Mickie Most leur fasse enregistrer une nouvelle composition de Graham Gouldman (déjà auteur de « For Your Love » que les Yardbirds avaient créé trois mois avant la version de Herman’s Hermits de mai 1965), intitulée « No Milk Today » : enregistrée pour la première fois avec un grand orchestre, elle est arrangée par John Paul Jones qui joue guitare et basse, et qui utilise des musiciens de studio en lieu et place des Hermits, dont seuls Karl Green et Keith Hopwood assurent les chœurs derrière Peter Noone.

Les dates ...

1994 (04 Juin)
Décès de Derek Leckenby
1968 (03 Aout)
Sortie du film Mrs. Brown, You’ve Got A Lovely Daught
1967 (15 Janvier)
Succès de « No Milk Today »
1965 (07 Aout)
Succès de « I'm Henry VIII, I Am »
1965 (01 Mai)
Succès de « Mrs. Brown You’ve Got A Lovely Daughter

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