Alexis Taylor et Joe Goddard se rencontrent dès l'âge de onze ans sur les bancs de l'école. Au lycée, deux classes au dessus, ils trouvent leur guide musical en la personne de Kieran Hebden, par la suite fondateur des groupes Fridge et Four Tet, qui amorce leur éducation musicale. Puis, en compagnie de Felix Martin, ils commencent à expérimenter la musique électronique sur ordinateur. Le groupe n'oubliera jamais ce goût pour l'exploration musicale. Au début des années 1990, grâce au frère de Taylor , ils découvrent New Order, The Stones Roses, Aphex Twin ou My Bloody Valentine.
En 2000 sort Mexico leur premier EP, avant que ne succèdent des autoproductions. Jusqu'en 2003, où ils signent alors avec le producteur indépendant londonien Moshi Moshi (également producteur de The Rakes, Bloc Party ou Kate Nash).
Le groupe, qui a d'abord commencé par composer des morceaux folk acoustiques, sous influence Neil Young, Leonard Cohen, ou Palace Brothers, va alors prendre un virage à 180 degrés, et tenter d'adapter la technologie de pointe à la mesure de la pop sixties.
Chaud devant
Leur premier album des Londoniens Coming On Strong, sort en novembre 2005. C'est une vraie réussite de pop électronique. Le groupe fait se télescoper les genres musicaux et confronte la pop music avec les trésors de leur discothèque (Prince, Sun Ra, N.E.R.D.ou Stevie Wonder...).
Composé à la maison, dans leur propre lieu d'enregistrement (le clocher d'une église de Camden), cette production est toutefois à l'opposé de la majorité des disques électroniques qui sortent à la même période. Les compositions du groupe conservent une âme grâce à un équilibre fragile entre les histoires racontées par Alex Taylor, d'un ton cynique et désabusé, et des trouvailles rythmiques chaleureuses et cohérentes. Leurs pop songs sont à mille lieux d'une musique de producteurs lisse et sans saveur. Et puis, un groupe anglais qui avoue « écouter Yo La Tengo au volant de sa Peugeot », comme sur le single « Playboy » mérite une certaine attention.
Le succès critique rencontré avec le premier album du groupe leur permet de signer pour les Etats-Unis sur DFA Records, label fondé par James Murphy, leader de LCD Soundsystem.
En mai 2006 paraît l'album suivant du groupe. Intitulé The Warning il va permettre au groupe d'acquérir une réelle reconnaissance internationale. La tonalité générale y est plus joyeuse que sur le précédent, le récent mariage d'Alex Taylor, compositeur de la majorité des textes du groupe, y est certainement pour quelque chose. On y retrouve le funk lascif de Prince sur des rythmes robotiques. The Warning est élu Album de l'année pour MixMag et se classe quatrième pour le New Musical Express.
Nouvelle Vague
Joe Goddard considère la diversité et l'ouverture musicale comme le facteur clé de la qualité des compositions et du succès d'un groupe. Hot Chip ne désire pas « avoir un son en propre », à l'image de nombreux artistes, mais au contraire, expérimenter et varier pour toujours avancer.
Le groupe s'est forgé une vrai réputation pour ses prestations live, souvent à mille lieux des productions gravées sur leurs disques. Alexis Taylor et sa voix haut perchée, et Joe Goddard, crooner tout en nuance, donnent des interprétations toutes personnelles de leurs compositions aux rythmes frénétiques. Sans batterie, mais appuyée par un orchestre de percussions, leur machine à danser transforme les salles de concert en de gigantesques discothèques.
En mai 2007 le groupe présente une sélection de ses influences dans le cadre de la collection DJ Kicks. On y retrouve les artistes les plus obscurs mais aussi Tom Zé, Joe Jackson, Ray Charles et New Order, la référence majeure du groupe.