Comme le témoignent le titre de l’album, c’est un livre sur le magicien hongrois Harry Houdini, mort en 1926, qui inspire cette fois-ci
Emanuel Lundgren, la tête pensante de I’m From Barcelona.
Who Killed Harry Houdini? rompt avec l’insouciance du premier disque du collectif suédois en se montrant plus mélancolique et plus introspectif. On ne devine plus de rires derrière la fantasmagorie de leur orchestration, mais plutôt de la réflexion sur l’absurdité du monde. Qu’on se rassure cependant, les chimères sont toujours au rendez-vous, et l’énergie du collectif est telle que si la tristesse peut être frôlée, elle ne plombe jamais l’ambiance de ces dix chansons brillamment pop.
Après une belle ouverture pleine d’émotions, «
Andy », le single
« Paper Planes » séduit par son énergie pop agrémentée, comme l’aime le groupe, de chœurs et d’une touche de psychédélisme. S’égrènent ensuite un
« Headphones » joliment onirique, un charmant duo avec la française
Soko,
« Gunhild », ou un très metal
« Houdini ». Riche de tout ce qui le précède, le sombre
« Rufus » conclut l’album avec un touchant aveu : « Je reste un enfant dans mon cœur ».
La spontanéité est toujours là, mais plus structurée, plus réfléchie, et sans doute encore plus sous l’emprise des états d’âme de Lundgren. Le son des I’m From Barcelona y gagne incontestablement en efficacité, et fait de
Who Killed Harry Houdini? un des meilleurs albums pop de la fin 2008.
Sophie Rosemont