31 / 05 / 2008
Cet album n’a rien à envier à son célèbre suivant Antics
« Turn On The Bright Lights » est le premier album d’Interpol précédant de quelques années et de nombreux concerts leur renommé second opus « Antics », mais cet aîné n’a pas à rougir de ses frères.
Tout dans cet album se tient, les 11 titres s’enchaînent homogénement, sans jamais baisser en qualité.
Tout est là : leur rythmique prédominante, Carlos Dengler et sa vivante basse (une belle démonstration à voir sur scène), une batterie solide et atmosphérique à la fois, la guitare de Daniel Kessler savoureusement fondue dans l’ensemble pour offrir des boucles mélodiques aussi inattendues qu’aériennes.
C’est bien là une caractéristique de cet album (et des suivants), tout comme une marque distinctive d’Interpol : être atmosphérique.
Comme une spirale cet opus vient vous chercher au plus bas pour progressivement vous faire grimper tout droit au ciel ou ailleurs.
Plus la tourbillonnante montée s’effectue, plus le groupe se fait ressentir irrésistible et merveilleusement brillant.
Des titres tel « PDA », « Say Hello To The Angels », embrassent directement leur clarté à même les rayons d’un soleil disparaissant sous nos pieds.
Monter toujours plus haut, toujours plus vite est une certitude à ne pas négliger quand on entreprend le voyage avec Interpol.
Si simple (croit-on) et répétitive, cette rythmique prédominante n’en est pourtant pas dénuée de sens.
Elle transporte une imagerie en noir et blanc, de grands espaces mélancoliques (« Hands Away »), une atmosphère faite d’angoisse à peine cachée (« The New »), ou plus inquiétante comme sur le titre « Roland » : « My best friend’s a butcher, he has sixteen knives (…) ».
La voix du groupe, incarnée en Paul Banks, participe tout autant à la montée vertigineuse dans des atmosphères odysséennes (space odyssey ?) : « Obstacle 2 ».
Des titres comme « Stella Was A Diver And She Was Always Down » plonge au coeur des sentiments les plus secrets de chacun, la musique d’Interpol ne cache pas, et ne peut plus cacher sa sincérité et sa verve.
Non réellement Interpol marque avec cet album un début prometteur, qui s’est à chaque fois confirmé sur les albums suivants, que ce soit « Antics », ou le plus récent « Our Love To Admire » (2007).
« Turn On The Bright Lights » est un album des hautes sphères, sans jamais ennuyer ou même lasser.
A titre personnel, dans l’hypothèse aussi folle qu’improbable, de partir sur une île déserte avec 10 albums, celui-ci serait du voyage, pour m’aider à m’évader…
Posté par Clement D. 