Ce Noël de l’an 1975 est particulièrement arrosé dans la banlieue londonienne d’East End : le bassiste autodidacte – et fan de foot - Stephen Steve Percy Harris (né le 12 mars 1956 à Leytonstone, dans les faubourgs de Londres) comprend que son groupe du moment (Smiler) est dans une impasse. Et cela l’énerve. Et lorsqu’on est énervé, on voit tout en noir. Ainsi, d’une projection dans un cinéma de quartier (
L’homme au masque de fer, d’après Alexandre
Dumas, et au générique duquel figure le comédien anglais Patrick McGoohan), Harris ne retient que l’usage immodéré qui y est fait de la vierge de fer, instrument de torture inventé au XVIIIème siècle, et sarcophage garni de pointes de fer (ce qui permet aux usagers de mettre plusieurs heures à agoniser) :
Iron Maiden est né.
Rodage
Les musiciens se succèdent au sein du groupe sur un rythme effréné, et, ainsi, durant trois ans, le groupe se sépare, se reforme avec un nouveau line-up, puis se sépare derechef, chaque étape nourrie de l’enregistrement d’un 45 tours aux ventes modestes, de concerts sympathiques dans les pubs de la capitale, ou de la participation à une compilation de heavy metal. Jusqu'au mois de décembre 1979. C’est à ce moment que, riche d’un contrat (et d’espérances) avec un label majeur,
Iron Maiden entre en studio :
Steve Harris fidélise à ses côtés le chanteur Paul Andrews dit Di’Anno, né le 17 mai 1958 à Chingford – quartier de Londres - et croisé dans un pub, le guitariste David Dave Michael Murray (né le 23 décembre 1956 à Edmonton), le guitariste Dennis Stratton (né le 9 novembre 1954 à Canning Town, dans l’est de Londres), et le batteur
Clive Burr (né le 8 mars 1957 à East Ham, et ami d’enfance du précédent). Et Eddie, mascotte à tête de mort, (et qui sera, bien des années plus tard, le héros d’un jeu vidéo), est déjà de la partie.
Premier album, premier succèsUn premier album éponyme est publié le 14 avril 1980, devient n°4 des charts britanniques, et intronise le groupe en chef de file du mouvement heavy metal anglais (Saxon et
Diamond Head en sont les prophètes). Stratton, remercié, est remplacé par le guitariste Adrian Frederik Smith (né le 27 février 1957) en octobre de la même année.
De vrais killersAu mois de juin 1981 sort
Killers, deuxième album essentiellement constitué de chansons écartées un an auparavant.
Martin Birch, producteur de
Deep Purple, devient alors le collaborateur attitré du groupe. Á la fin de la même année, Di’Anno, totalement addict à la cocaïne, est licencié. Son remplaçant est Paul
Bruce Dickinson (né le 7 août 1958 à Worksop, passionné d’escrime, et ancien chanteur de Samson). L’album
The Number Of The Beast (29 mars 1982) atteint les sommets des hit-parades anglais, et est appuyé par une tournée mondiale triomphale, au cours de laquelle des chrétiens américains accusent
Iron Maiden de satanisme, et brûlent publiquement leurs disques.Au mois de décembre de la même année, Burr, lassé de la vie de tournées, part rejoindre
Trust, et est remplacé par le batteur de…Trust, Michael Henry
Nicko McBrain (né le 5 juin 1954 à Hackney, et fan d’aviation).
Triomphe américainLe 16 mai 1983 est édité
Piece Of Mind : le quatrième album d’
Iron Maiden est certifié Disque de platine aux États-Unis. Dans
Powerslave (qui paraît le 9 septembre 1984), les Britanniques rendent hommage au
Prisonnier, mythique série télévisée dans laquelle s’illustre Patrick McGoohan. Les deux cents (sic) concerts qui suivent alimentent le premier album en public du groupe
Live After Death (14 octobre 1985). Dans
Somewhere In Time (29 juin 1986),
Iron Maiden s’ouvre pour la première fois aux sonorités électroniques.
Seventh Son Of A Seventh Son (11 avril 1988) est un album conceptuel : cette histoire d’un enfant surdoué et d’une voyante, enrichie de claviers, devient n°1 des classements britanniques.
Dix ans déjà
Le 24 février 1990,
The First Ten Years célèbre, par la réédition étagée sur trois mois des singles du groupe, le dixième anniversaire d’Iron Maiden. Après plusieurs aventures en solo, et le départ de Smith (remplacé par l’ancien sideman de
Ian Gillan Janick Gers),
No Prayer For The Dying sort le 1
er octobre 1990, et célèbre le retour à un son plus fruste.