Parmi ses activités publiques, citons sa participation entre autres à la fondation pédiatrique pour la lutte contre le SIDA (duo avec Jennifer Warnes sur le « Golden Slumbers » des Beatles en 1991). En 1993, ses disques rencontrant moins de succès commercial malgré le soutien indéfectible des stations de radio depuis ses débuts, il se concentre sur la scène en tournant presque sans discontinuer en s’entourant d’un orchestre si excellent qu’il le retient également en studio : Scott Thurston (claviers), Mark Goldenberg (guitares), Mauricio Lewak (batterie), Kevin McCormick (basse), et l’inévitable choriste égérie de James Taylor, Valerie Carter. Le 5 octobre 1998 il fête son anniversaire lors d’un concert de Lyle Lovett à Santa Barbara. Le 12 avril 1999 au Ryman Auditorium à Nashville Jackson Browne participe à un concert contre la peine de mort avec Emmylou Harris et Steve Earle. A la suite de Bruce Springsteen il reçoit lui aussi le prestigieux prix « John Steinbeck » en 2002, récompensant son activité sociale.
Rock and Roll Hall Of Fame
En mars 2002, avec Jack Tempchin et John David Souther, autres contributeurs au succès des Eagles, ils poursuivent en justice l’éditeur des chansons du groupe en réclamant plus de dix millions de dollars pour sous-paiement de droits d’auteurs ; supposés recevoir une royalty de 7,5 cents par chanson pour leur contribution au Greatest Hits 1971-1974 (un titre chacun, 26 millions de copies vendues !) ils n’auraient touché que 2,5. Après six ans d’absence dans les bacs, il y revient la même année avec sa meilleure réalisation depuis les années 70, The Naked Ride Home, et part en tournée avec Tom Petty puis Steve Earle.
En février 2004 il rend un vibrant hommage à son ami Warren Zevon récemment disparu, en compagnie de Emmylou Harris, Dwight Yoakam, Billy Bob Thornton, Timothy B. Schmit, lors de la cérémonie de remise des Grammy awards. Et c’est le 15 mars qu’il est admis au Rock and Roll Hall Of Fame, présenté par un Bruce Springsteen qui se fend d’un long discours élogieux ; Jackson Browne, toujours encadré de cheveux mi-longs bruns et raides, s’y présente le visage émacié, alors que son visage lisse faisait songer à Dorian Gray depuis son adolescence.
No Nukes toujours
Une nouvelle tournée mondiale cette fois en solo donne deux albums country folk intimistes plutôt anecdotiques sur son propre label Inside Recordings, en 2005 et 2008. En 2007 il donne avec l’ancien guitariste des Doors Robby Krieger un duo improbable sur le « Across The Universe » des Beatles. S’investit en faveur des réfugiés du Darfour, contre l’occupation de l’Irak, pour les véhicules électriques (ben ? Et le nucléaire ?), les guitares Gibson faites en bois écologique… La même année il remet le couvert avec Bonnie Raitt et Graham Nash pour No Nukes en interprétant judicieusement le « For What It’s Worth » de Stephen Stills et donne deux concerts de charité en soutien de la cause.
En juin 2007 et mai 2008 d’autres récompenses pleuvent, le 1er mai il participe avec Eddie Vedder de Pearl Jam, les Black Crowes et Sean Penn au tournage d’un documentaire sur l’activisme à paraître en 2009, puis milite pour la campagne en faveur de la libération du prix Nobel de la Paix, Aung San Suu Kyi, et contre la dictature en Birmanie (la pétition « Burma : I Can’t Wait » sur le Net). Démocrate irréductible, Jackson Browne poursuit en justice en août 2008 le candidat à la présidence des Etats-Unis John McCain et son parti, pour usage sans permission de sa chanson « Running On Empty » dans un spot TV de propagande. Les Foo Fighters l’imitent deux mois plus tard pour la même raison suite à l’utilisation de leur titre « My Hero ».
Et en septembre il propose son nouvel album studio en six ans avec un groupe presque inchangé, Time The Conqueror, qui divise ses admirateurs. Unanimement respecté par ses pairs pour ses engagements humanitaires et la qualité de son répertoire, Jackson Browne demeure un artiste singulier, fidèle à ses amitiés et ses luttes, représentatif du « film de notre vie » comme le souligne son hagiographe Russ Paris.