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Biographie de Jacques Dutronc

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Avec Jaques Lanzmann, Dutronc semble avoir trouvé un alter-ego et un double dont la plume trempée dans le vinaigre s'aligne sur son personnage décontracté et pince-sans-rire. « Les Cactus » (« Le monde entier est un cactus / Et je me pique de le savoir / Aïe aïe aïe, ouille ! ») enthousiasment et défraient la chronique lorsque le premier ministre George Pompidou cite la bonne formule à l'Assemblée nationale le 22 avril 1967. Dans le hit suivant, « J'aime les filles » (juin 67), Dutronc se fait crooner au trémolo vibrant, et dans « Le plus difficile », il renforce son image de dragueur impénitent, à contre-courant de sa nature réservée et de la liaison qu'il a entamé avec Françoise Hardy dont le répertoire est centré sur la peinture du sentiment amoureux. C'est le début d'une idylle qui traversera toutes les modes et fera d'eux le couple le plus emblématique du show-biz.

Dutronc traverse l'année 1968 avec la nonchalance qu'on lui connaît. Au printemps, quand la France s'embrase, lui chante « Il est cinq heures, Paris s'éveille » (« Les journaux sont imprimés, les ouvriers sont déprimés »), autant nostalgique que désabusé, avec sa ligne de...flûte traversière. C'est le plus grand succès du chanteur qui cette année-là vend un million de disques, et l'une des chansons préférées des Français. Sur le même super 45-tours, « Fais pas ci, fais pas ça » tourne en dérision les interdits faits aux enfants. En mai, Dutronc est en tournée en Belgique. Sa position sur les « événements » ? : « Ma position est souvent couchée »... En septembre, « L'Opportuniste » qui « retourne sa veste, toujours du bon côté » déçoit ceux qui attendaient un quelconque engagement mais fait jubiler les adeptes de son humour à froid. Dans les 45-tours suivants, la plume acerbe se relâche pour laisser place à l'aspect plus rigolard et gaulois du personnage. Le « Roi de la fête » ne désaoûle pas ni ne descend de son nuage. Il se ressaisit avec deux titres brillants, « L'Aventurier » où Dutronc se fait la voix de Lanzmann, et « Le Responsable », ultime gâchette rock façon Kinks (juin 69). A l'automne, il s'autorise toutes les folies dans un tour de chant dadaïste à La Tête de l'Art (il place un rétroviseur sur son micro pour surveiller ses musiciens !).

L'année 1970 ne fera qu'enfoncer le malentendu et le fossé entre les attentes de son public et le chanteur qui yodèle dans « L'Hôtesse de l'air », puis fatigue dans « Restons Français, soyons gaulois » et s'essoufle dans « A la queue les Yvelines » l'année suivante. Une collaboration avec le dessinateur Fred, auteur de « Le Fond de l'air est frais » et « L'Âne est au four et le b?uf est cuit » pour deux disques avec bandes dessinées, sonne le glas de son aventure avec Lanzmann qui en guise d'au-revoir signe la chanson-générique du feuilleton télévisé Arsène Lupin (« L'Arsène »), puis le très écolo-nostalgique « Le Petit jardin ». Gainsbourg arrive à la rescousse pour « Elle est si », et lie une amitié durable avec Dutronc, dont la carrière de chanteur passe au second plan entre la parternité nouvelle (Thomas Dutronc naît en juin 1973) et sa conversion au cinéma. Initiée par son ami Jean-Marie Périer dans Antoine et Sébastien (1973), sa carrière d'acteur ne cesse de prendre de l'importance avec, entre autres, L'Important c'est d'aimer (A. Zulawski) et Mado (C. Sautet) en 76, Violette et François (J. Rouffio), L'Etat sauvage (F. Girod), A nous deux (C. Lelouch) et Sauve qui peut (la vie) de Jean-Luc Godard (79). Les plus grands réalisateurs se succèdent pour mettre en lumière les talents cachés du gars planqué derrière ses éternelles Ray-Ban et son cigare. Il s'en est fallu de peu pour qu'il tourne dans Les Aventuriers de l'arche perdue de Spielberg.

Dutronc effectue un retour à la chanson en 1975 pour l'enregistrement d'un album sans grand relief, si ce n'est « J'comprends pas » (de Jean-Loup Dabadie), quelques fonds de tiroir signés Lanzmann (dont « Le Testamour »), la suite d'Arsène Lupin (« Gentleman cambrioleur ») et quatre textes de Gainsbourg, dont les magnifiques « Les Roses fanées » et « Le Bras mécanique ». Les deux monstres sacrés sont désormais inséparables, entre nuits sans fin et vapeurs enfumées. En 77, Jane Birkin se fait l'interprète de « L'Aquoiboniste » dédié à « Jacquot ».

En 1980 sort Guerre et Pets. Les « trois Jacques » (Wolfsohn, Lanzmann et Dutronc) se retrouvent chez Gaumont, mais l'ambiance tourne à l'orage. Gainsbourg rattrape la situation en apportant six titres. « L'Hymne à l'amour (moi l'n?ud) » énonce les qualificatifs attribués aux étrangers, « J'ai déjà donné » est du sur-mesure, et « Le Temps de l'amour » jette ses dernières illusions. Dutronc se fait le clown triste d'un Gainsbourg noyé dans la rupture d'avec Jane Birkin.

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Les dates ...

2010 (22 Novembre)
Sortie de Et Vous, Et Vous, Et Vous
2003 (Mai)
Sortie de Madame l'Existence

Vidéo

Jacques Dutronc - clip vidéo Et Moi, Et Moi, Et Moi

Et Moi, Et Moi, Et M ...
Jacques Dutronc